C’est le plus grand scrutin jamais organisé dans l’Histoire du Mexique. Outre le futur président, plus de 3 400 maires, gouverneurs, députés, sénateurs seront désignés par les 88 millions d’électeurs mexicains le dimanche 1er juillet.

Andres Manuel Lopez Obrador, le candidat du "dégagisme" mexicain
Andres Manuel Lopez Obrador, le candidat du "dégagisme" mexicain © AFP / Alfredo Estrella

Il faut avoir les nerfs solides pour être candidat au Mexique. La campagne s’est déroulée dans un climat de tension extrême : 118 postulants ont été assassinés pour un total de 417 attaques recensées sur le territoire. L’œuvre des cartels, qui cherchent à nouer des accords, et s’assurer de leur influence sur les futurs élus.

Sur le plan politique, un parfum "dégagiste" plane sur cette campagne électorale, et un seul candidat semble incarner les attentes de changement des Mexicains, Andres Manuel Lopez Obrador.

Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), de l’actuel président Pena Nieto, a gouverné le pays pendant plus de 70 ans, jusqu’en 2000. L’autre grande formation, le Parti action nationale, plus ancré à droite, a pris le relais entre 2000 et 2012 avec les mandats des présidents Vicente Fox et Felipe Calderon.

Les Mexicains semblent lassés par ces deux partis traditionnels, et agacés par le bilan d’Enrique Peña Nieto. Sa popularité est basse et, à l’issue de ces six ans de présidence, l’image du PRI est ternie par une mauvaise gestion, des scandales financiers à répétition et une violence exacerbée dans le pays.

Qui sont les quatre candidats ?

Andrés Manuel Lopez Obrador : le pèlerin anti-corruption

Plus connu sous le diminutif AMLO, Andrés Manuel Lopez Obrador fait la course en tête des sondages. Cet ancien maire de Mexico, figure charismatique de la gauche mexicaine, se présente pour la troisième fois à l’élection présidentielle. 

Lors de la précédente élection, en 2012, AMLO était donné favori dans les sondages, mais c’est finalement le candidat du PRI qui s’était imposé. Lopez Obrador avait contesté le résultat et dénoncé une fraude massive en faveur d’Enrique Peña Nieto. AMLO avait constitué un gouvernement parallèle et ses partisans s’étaient réunis pendant plusieurs semaines dans le centre de la capitale mexicaine.

Durant cette campagne, Lopez Obrador a martelé son discours anti-corruption tout en adoucissant son image d’opposant radical. Ses adversaires le comparent aux Vénézuéliens Chavez ou Maduro, ses partisans préfèrent voir en AMLO le Lula mexicain.

Le virage social, qu’il promet s’il arrive au pouvoir, serait une authentique révolution dans un Mexique traditionnellement tenu par des formations de droite.

José Antonio Meade : dans le sillage de Peña Nieto

Pour la première fois, le PRI ne présente pas un candidat apparatchik. Issu de la société civile, José Antonio Meade n’a jamais milité pour un parti. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’a aucune expérience de la politique, bien au contraire.

Plusieurs fois ministre (développement social, finances et chef de la diplomatie) dans les gouvernements Peña Nieto et Calderon, ce docteur en économie incarne la continuité. Pour lui, c’est un lourd fardeau à porter dans cette campagne.

Ricardo Anaya : stop aux clivages !

Il n’a que 39 ans mais semble déjà disposer d’une vision politique très affûtée. Ricardo Anaya, dirigeant du PAN (droite conservatrice) est parvenu à convaincre ses militants de s’allier avec certaines formations de gauche. Ce jeune juriste peut désormais compter sur le soutien du Parti de la révolution démocratique (PRD) et du Mouvement citoyen (MC).

Principal adversaire d’AMLO, il envisage, lui aussi, de réformer le pays en profondeur. Ricardo Anaya dit lui aussi vouloir éradiquer la corruption mais il est impliqué dans un scandale d’enrichissement illicite, qui a entaché sa crédibilité.

Margarita Zavala : l’indépendante

C’est une grande première pour le Mexique : depuis la réforme de 2014, des candidats indépendants peuvent se présenter à l’élection présidentielle. Margarita Zavala, ancienne épouse du président Calderon, est la seule à avoir obtenu les signatures nécessaires, validées par l’Institut national électoral.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.