Les algériens élisent leur président
Les algériens élisent leur président © Max PPP

Les algériens se rendent aux urnes le 17 avril pour choisir le nouveau président de la République. Parmi les douze candidatures déposées, six d'entre elles ont été validées par le conseil constitutionnel algérien.

En lice, l'actuel président, Abdelaziz Bouteflika, Ali Benflis ex-premier ministre limogé en 2003, Louisa Hanouna, candidate du Parti des Travailleurs (PT), Abdelaziz Belaid (Front Al-Moustakbal), Ali Fawzid Rebaine et son parti Ahd 54, et Moussa Touati, candidat FNA (Front National algérien).

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La contestation autour de la candidature de Bouteflika

Victime d'un AVC en avril 2013, l'actuel président de l'Algérie, qui n'a pas fait d'apparition publique depuis 2012, s'est presenté à son bureau de vote d'Alger en fauteuil roulant. Suite à la réforme constitutionnelle de 2008, qui lui permet de se présenter une troisième fois en 2009, il est candidat à sa propre succession en 2014. Symbole de stabilité et de renouveau politique pour de nombreux algériens, Bouteflika semble pourtant inapte à conserver son siège. La campagne du chef de l'Etat a été assuré par ses représentants alors que les autres candidats ont mené eux-même leur campagne. Le 16 avril, le rassemblement Barakat ("ça suffit") créé en février 2014 et mobilisé contre ce quatrième mandat organisait une manifestation, violemment réprimée par les forces de police algérienne. Mais en Kabylie, région contestataire historique, la candidature du chef du gouvernement est rejetée en bloc. Le 5 avril, alors que la ville doit recevoir Abdelmalek Sellal, actuel Premier ministre qui fait campagne pour le président, la salle de meeting est incendiée et pillée, obligeant Sellal à rebrousser chemin et à rentrer à Alger. Voter Benflis ou s'abstenir est devenu le dilemme des habitants de la région.

Un scrutin teinté de fraude qui s'annonce sans surprise

Le scrutin semble pourtant joué d'avance: Bouteflika est donné comme le grand gagnant de l'élection. Pour prévenir la fraude, 260 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés sur les 50 000 bureaux de vote du pays qui doivent accueillir plus de 23 millions d'électeurs. Ali Benflis, candidat FLN et ancien bras droit de Bouteflika déclare avoir rassemblé plus de 60 000 surveillants accrédités pour écarter toute possibilité de fraude électorale. Malgré ces dispositifs, un scrutin démocratique n'est pas garanti: en 2009, Bouteflika fait un score record 90,2% et on parle d'un taux de participation de plus de 75%, chiffre contesté par les fuites Wikileaks qui l'estime plutôt de 25 à 30%. La légitimité du scrutin est également contestée: la constitution précise que le vote doit avoir lieu un mois avant la fin de mandat du candidat sortant, or celui ci prend fin le 19 avril. Le clan Bouteflika convaincu de sa victoire n'envisagerait même pas qu'un second tour soit possible.

La jeunesse algérienne et les partis islamistes boycottent les élections

La fraude électorale et la candidature de Bouteflika ne sont pas les seuls facteurs qui poussent les Algériens à boycotter les bureaux de vote. Si les islamistes ont officiellement annoncé qu'ils ne participeraient pas aux élections, et en ont même demandé le report, la jeunesse algérienne se désintéresse en masse de la politique du pays. Or 60% des 38,7 millions d'habitants ont moins de 30 ans. Conscient cependant des enjeux, ces derniers se tournent vers les réseaux sociaux ou le mouvement Barakat pour signifier leur indignation face à un système politique qu'ils savent frauduleux.

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