La Californie, État le plus peuplé, vote ce mardi lors du Super Tuesday pour désigner le ou la candidat(e) démocrate qui affrontera Donald Trump en novembre. La Californie, terre d'inégalités, où la population pourrait bien être sensible au discours très social de Bernie Sanders, parti favori.

Elections présidentielles américaines : les inégalités au cœur de la campagne démocrate pour le Super Tuesday
Elections présidentielles américaines : les inégalités au cœur de la campagne démocrate pour le Super Tuesday © AFP / JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Aux États Unis, ce mardi 3 mars s'appelle Super Tuesday. Les sympathisants démocrates de 14 États et des Samoa américaines votent pour désigner des délégués qui nommeront en juillet à la convention de Milwaukee le candidat du parti.  

La Californie, État le plus peuplé, va octroyer le plus grand nombre de délégués

La Californie va attribuer 415 délégués au vainqueur, soit le plus grand nombre de délégués. La Californie compte près de 40 millions d'habitants. Si elle était un pays, elle serait la cinquième puissance économique mondiale. Elle est aussi un parfait concentré des inégalités américaines. Le sujet de la réduction de ces inégalités est justement au cœur de la campagne. 

Mountain View, en pleine Silicon Valley, 75 000 habitants, et surtout siège de Google. À quelques centaines de mètres seulement, il y a ces camping-cars et ces voitures le long de la voie ferrée. Des dizaines de travailleurs pauvres vivent dedans. 

Les loyers sont devenus si chers que, depuis fin décembre, Robyn ne parvient plus à se loger. Robyn est infirmière, elle a une cinquantaine d’années. Elle dort dans sa voiture, avec sa chienne Molly. Chaque jour Robyn part travailler : "Je ne rejette la faute sur personne d'autre que moi. J'aurais dû mieux prévoir." 

Ici, les loyers ne sont pas encadrés. Le mien augmentait chaque année. 100 dollars de plus, puis encore 100 dollars...  Et maintenant il est a 2 450 dollars par mois (2 200€) ! 

"Il me reste ma voiture et je suis contente d'avoir des vitres teintées, explique Robyn. C'est un lieu où manger, dormir, se lever le matin, et puis recommencer, parce que c'est devenu si cher de vivre dans la vallée que vous ne pouvez prendre aucun jour de repos." 

On entend passer un train. C'est celui qui, chaque jour, longe la baie de San Francisco et emmène au travail les salariés de Google, Apple, Facebook ou Intel. Dans la Silicon Valley, le nombre de celles et de ceux qui dorment dans leurs véhicules ne cesse de croître : à tel point que le comté de Santa Clara a créé des parkings spécialement pour accueillir ces travailleurs qui dorment dans leurs voitures.

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On dénombre 150 000 sans-abri en Californie 

Gavin Newsom, Gouverneur démocrate de Californie, ancien maire de San Francisco, a fait de la crise des sans-abris l'unique thématique de son discours de l'État en janvier dernier. 

Appelons les choses par leur nom. C'est une honte que l'État le plus riche du pays le plus riche, qui remporte des succès dans tant de secteurs, soit autant à la traîne pour héberger, soigner et traiter humainement autant de ses citoyens

Gavin Newsom a pointé cette fameuse dichotomie dans un État où de grandes entreprises augmentent leur croissance en moyenne de 3,8% chaque année ces cinq dernières années, plus que la moyenne nationale qui augmente de 2,5 % par an sur la même période.

Chaque jour, le rêve californien est terni par cette réalité déchirante : des familles, des enfants, des seniors vivent le ventre vide sur un lit de béton. La vérité c'est que nous avons ignoré ce problème pendant trop longtemps, nous avons détourné le regard.

L'État détient presque le record du pourcentage de la population vivant sous le seuil de pauvreté, notamment à cause du coût pour se loger. Le prix moyen d'achat pour une maison en Californie dépasse les 500 000 dollars.

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