L'ancien maire de New York Michael Bloomberg a été la cible de tous les autres candidats sur scène mercredi lors de son premier débat. Il est apparu bégayant, hésitant et s'enfonçant sur l'un des ses très gros points faibles : son attitude et ses propos envers les femmes.

Michael Bloomberg est ressorti affaibli de son premier débat des primaires démocrates américaines
Michael Bloomberg est ressorti affaibli de son premier débat des primaires démocrates américaines © Getty / Caroline Brehman

Le sujet a fait irruption dès la quatrième minute du débat télévisé opposant mercredi soir six des huit candidats démocrates encore en lice : Michael Bloomberg et les femmes, ou plus précisément Michael Bloomberg et son rapport aux femmes.

C'est la sénatrice Elisabeth Warren qui lève la main et rappelle des propos misogynes et offensants attribués à Michael Bloomberg  

Je veux que vous sachiez à qui nous faisons face ce soir. Un milliardaire qui qualifie des femmes 'de gros tas ou de lesbiennes qui ressemblent à des chevaux'. Et non, je ne parle pas de Donald Trump, mais de Michael Bloomberg.

Elisabeth Warren aura été la plus pugnace sur le sujet mercredi soir. 

Puis l'une des journalistes du plateau est revenue à la charge, avec une question en forme de coup de grâce pour le candidat milliardaire sur le sujet : 

Plusieurs ex-salariées décrivent le groupe Bloomberg comme un environnement de travail hostile envers les femmes. Vous avez répondu aux accusations en disant 'j'ai été élevé comme ça'. Vous auriez même dit à une  employée 'je te baiserais bien tout de suite'

Une défense hors-sujet

Pour sa défense, l'ex-maire de New York a tout d'abord affirmé :

Je ne tolère aucun comportement dénoncé par le mouvement MeToo 

Puis il attaque les plaignantes :

Certaines n'ont pas du aimer mes blagues 

Puis il a mis en avant les efforts du groupe Bloomberg en matière d'égalité femme-hommes dans l'entreprise : 

De très nombreuses femmes ont des postes à hautes responsabilités dans mon entreprise et dans ma fondation. Et elles sont payées exactement au même niveau que les hommes

Une défense qui ressemble fort à celle de Donald Trump lorsqu'il était accusé de propos sexistes et dégradants envers les femmes : vanter la parité dans son entreprise.

La réaction d'Elisabeth Warren à la défense de Michael Bloomberg a fait mouche, et provoqué les applaudissements de la salle : Mr Bloomberg nous dit "J'ai été sympa avec certaines femmes". 

Des accords qui contraignent plusieurs femmes au silence

Elisabeth Warren a enchaîné sur les accords de confidentialité conclus par le groupe Bloomberg avec plusieurs femmes accusant l'entreprise de sexisme. Ces accords financiers interdisent aux femmes de révéler la nature de leurs accusations et le montant perçu.

Elle réclame la levée de la confidentialité à laquelle les plaignantes sont contraintes. Joe Biden insiste à son tour sur le sujet. Michael Bloomberg répond que l'entreprise ne lèverait pas la confidentialité des accords, estimant que les femmes les avaient signés avec leur employeur car elles souhaitaient le faire. 

Au total le sexisme de Bloomberg et ses propos racistes auront occupé environ un tiers du débat, Michael Bloomberg étant mercredi soir la cible privilégiée des cinq autres candidats. 

Parti tard dans cette campagne démocrate, Michael Bloomberg n'avait obtenu qu'à la dernière minute l'autorisation de participer au débat de Las Vegas. Il se présentera ni aux caucus du Nevada le 22 février prochain, ni à la primaire de Caroline du Nord du 29 février. Il a décidé de miser sur le Super Tuesday qui aura lieu le 3 mars prochain.

►REGARDER | Le neuvième débat démocrate à Las Vegas le 19 février 2020

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