Les printemps arabes ont porté au pouvoir des mouvements islamistes, dominés par les Frères musulmans. Les salafistes ont fait une entrée fracassante au parlement égyptien avec 20% des sièges. L'affaire du film "L'innocence des musulmans" qui embrase le monde arabe et au-delà, place l'Occident devant ses contradictions.

Arrivés au pouvoir par les urnes, les nouveaux pouvoirs peuvent désormais avancer leurs pions sur le terrain des valeurs sociétales qui ne sont pas forcément celles des pays européens où la liberté d'expression est un fondement. Or, le droit au blasphème est aujourd'hui largement rejeté par les sociétés arabo-musulmanes. Après avoir soutenu les révolutions arabes, l'Occident va devoir composer avec des autorités politiques démocratiquement élues, certainement moins malléables que les anciens régimes autocratiques. Des incompréhensions risquent d'apparaître assez rapidement au moment où s'élabore les prochaines constitutions.

Stéphane Lacroix, universitaire spécialiste des mouvements salafistes

Human Right Watch est récemment monté au créneau sur la future constitution tunisienne en critiquant l'article 3 qui stipule que "l'Etat garantit la liberté de croyance et de pratique religieuse et criminalise toute attaque au sacré." HWR note que cette disposition ne définit ni ce qui est "sacré" , ni ce qui constitue une "attaque" contre lui. Autant dire que la bataille des valeurs ne fait que commencer de part et d'autre de la Méditerranée...

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