Le baril de pétrole est tombé en-dessous des 30 dollars
Le baril de pétrole est tombé en-dessous des 30 dollars © MaxPPP

Autour de trente dollars... En une décennie, le prix du baril de pétrole n'est jamais tombé aussi bas. L'OPEP n'a pas l'intention de réduire sa production pour maintenir les prix. Aucune réunion extraordinaire n'est envisagée en dépit des demandes pressentes des petits producteurs. L'Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe donnent le tempo.

En étranglant les producteurs dont le baril est devenutrop cher pour être concurrentiel , l'Arabie Saoudite fait le pari que les volumes mondiaux vont à terme diminuer... et les prix remonter d'autant. Un pari qui se paie cash dans l'immédiat.

Pour l'Arabie dont le déficit est aujourd'hui égal à 20% de son PIB , mais surtout pour les autres producteurs. Ceux-ci ne disposent pas des mêmes réserves financières. Leurs budgets, il y a deux ans encore, reposaient sur un baril à 110 dollars .

Russie, Venezuela, Algérie en difficulté...

Julien Nocetti, chercheur à l'IFRI, spécialiste de la Russie :

3/4 des revenus russes proviennent du pétrole. Or comme la Russie n'a pas diversifié son économie en dehors de la rente énergétique, elle s'expose à de gros risques. Comme son économie est également sujette aux sanctions occidentales, avec le cocktail "sanctions + cours du pétrole", on peut s'attendre pour 2016 à des conséquences en matière de vie sociale et économique extrêmement puissantes.

Pour faire face, la Russie prépare en urgence une réduction de 10% de ses dépenses . Un tiers des producteurs américains d'huile de schiste envisagent cette année de mettre la clé sous la porte. A moins de 80 dollars le baril, le sable bitumineux canadien n'est pas rentable. Pareil pour l'offshore très profond du Brésil. Le Vénézuela, l'Algérie, le Nigéria, l'Equateur pour qui le pétrole est vital voient monter la grogne sociale. Les groupes comme BP, Petrobras ou Statoil réduisent d'un tiers leurs investissements et entament des licenciements massifs.

Le pari saoudien est d'autant plus risqué qu'il y a deux inconnues supplémentaires dans l'équation : l'Iran libérée des sanctions internationales sera tentée d'ouvrir en grand le robinet... Et la Chine, dont l'économie tourne au ralenti, ne garantit plus les mêmes débouchés.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.