Donald Trump est un habitué des phrases choc et des tweets ravageurs. Mais cette semaine, il a en quelque sorte franchi un cap. Il applique sa stratégie pour la présidentielle de 2020 qui semble payante : rassembler sa base et diviser le camp démocrate.

Donald Trump applique depuis une semaine une stratégie politique de consolidation de sa base
Donald Trump applique depuis une semaine une stratégie politique de consolidation de sa base © AFP / NICHOLAS KAMM

Depuis dimanche dernier, Donald Trump a en quelque sorte franchi un nouveau cap. L'habitué des tweets assassins et des propos provocateurs a passé quasiment toute la semaine à tenir des propos racistes sans jamais revenir en arrière. Tout cela paraît réfléchi, comme l'affirme d'ailleurs un éditorial du New York Times : "Ne qualifions pas Trump de raciste, il n'attend que ça car c'est sa stratégie électorale". 

"Qu'elles rentrent chez elles" lance-t-il à 4 élues démocrates 

Dimanche 14 juillet, Donald Trump tweete, "comme à son habitude" dira-t-on. Oui, sauf que ces deux tweets-là ne sont que le début d'une longue série. Il attaque quatre démocrates fraîchement élues, issues de minorités.  

Intéressant de voir que des élues "progressistes" démocrates qui viennent des pays les plus catastrophiques, les plus corrompus, dire comment notre pays doit être gouverné. Pourquoi elles ne rentrent pas d'où elles viennent ?

Trump n'a pas supporté les commentaires faits par ces élues à la suite d'une visite dans les camps de rétention de migrants à la frontière avec le Mexique. Photos à l'appui, elles y dénoncent des conditions de vies terribles, décrivent ces enfants séparés de leurs parents, abandonnés dans des cages :

Lors d'un point presse lundi, Donald Trump renouvelle ses vives critiques contre Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib. Même si  Ocasio-Cortez, Pressley et Tlaib sont nées aux Etats-Unis et Omar, réfugiée somalienne, est installée aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans, il les a nouveau invitées à "rentrer chez elles". 

Donald Trump renouvelle et intensifie ses attaques contre les quatre élues démocrates mercredi soir lors d'un meeting de campagne en Caroline du Nord, laissant suggérer que ces diatribes seraient au coeur de sa stratégie pour être réélu à la présidence des Etats-Unis en 2020. Donald Trump s'en est pris aux quatre élues progressistes pendant 20 minutes. 

Leurs commentaires contribuent à alimenter la montée d'un militantisme dur et dangereux de gauche J'ai une suggestion pour les extrémistes remplis de haine qui essaient constamment de détruire notre pays (...). "Si vous ne l'aimez pas, partez. Laissez-les partir"

Trump est acclamé par ses supporters, preuve que sa stratégie fonctionne auprès de sa base électorale, composée en majorité d'hommes blancs de plus de 50 ans, issus des classes modestes ou moyennes.

Donald Trump avait lancé avant de partir pour son meeting de campagne mercredi :

Je pense que je gagne !

Son objectif est de faire paraître le parti démocrate comme étant  très à gauche ("communiste" a-t-il lancé), poussant les moins à gauche à rejoindre le camp républicain. Il joue également sur la division du parti démocrate, sachant pertinemment que les plus hauts dirigeants comme la leader démocrate de la chambre des représentants Nancy Pelosi n'adhère pas toujours aux propos et aux actions d'Alexandria Occasio-Cortez notamment. 

Mais pour tenter d’apparaître unie, la Chambre des représentants (à majorité démocrate) a adopté mardi une motion condamnant des propos jugés "racistes" du président, une accusation dont il s'est défendu. 

Sa conseillère demande l'origine du journaliste qui l'interroge

Kellyane Conway, conseillère de Donald Trump, celle qui est à l'origine du terme "faits alternatifs" pour qualifier les fausses informations venues du camp Trump, s'est illustrée elle aussi mardi.

Lors d'un point presse, interrogée par un reporter sur les propos de Trump ciblant les quatre élues démocrates, elle demande à un reporter 

Quelle est votre origine ethnique ? 

Le journaliste lui répond simplement que cette question "n'est pas pertinente". Kellyane Conway insiste, et lâche :

On en a marre de ce pays où les Américains passent après, où nos militaires sont dénigrés, où notre police des frontières est critiquée par plein d'acteurs de seconde zone de Hollywood qui ne font rien d'autre que tweeter en restant sur leur canapé toute la journée etc.

Il ne sait pas qui est la Nobel de la Paix

Les images paraissent irréelles, mais elles sont véridiques : 

Le président américain reçoit la Yézidie Nadia Murad, co-prix Nobel de la Paix 2018 pour sa lutte contre l'utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre. 

Mais il semble ne rien savoir de sa cause. Après qu'elle ait raconté comment sa mère et ses six frères ont été tués en Irak par le groupe Etat islamique, et le reste de sa famille a disparu, Trump lui demande

Et vous avez reçu le prix Nobel ? C'est incroyable ! Pourquoi vous l'ont-ils donné ? 

Après une pause, Nadia Murad, raconte de nouveau son histoire avant de conclure : 

Après tout ce qui m'est arrivé, je n'ai pas abandonné. J'ai expliqué clairement que 3000 femmes yézidis ont été violées par le groupe état islamique. 

Une vidéo embarrassante met à mal sa défense dans l'affaire Epstein

Le nom de Donald Trump est apparu assez vite après l'arrestation de Jeffrey Epstein. L'homme d'affaire Jeffrey Epstein est accusé d'avoir organisé un réseau d'exploitation sexuelle de jeune filles mineures. Il restera en détention provisoire jusqu'à un procès, un juge ayant refusé ce jeudi sa libération sous caution. Donald Trump a connu Epstein, tous deux étant dans les années 90 des membres de la jet set de New York et Miami. 

Je connais Jeff depuis 15 ans. Il est génial. C'est un plaisir de passer du temps avec lui. On dit même qu'il aime autant les jolies femmes que moi. Il les préfère "plutôt jeunes".

Mais cette semaine, il a tenté de prendre ses distances avec Epstein et son passé, affirmant même qu'il "n'aimait pas Epstein". 

Sauf que la chaine NBC vient de ressortir de ses archives une vidéo datant de 1992. On y voit Donald Trump et Jeffrey Epstein regardant des jeunes pom pom girls 

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