François Hollande, qui se rend en visite officielle à Doha le week-end prochain, aura sans doute la primeur des confidences de l'émir cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani sur l'avenir du Qatar. Car les choses semblent bouger au diwan : l'émir, affaibli par des problèmes de santé (diabète, problèmes rénaux), aurait l'intention plus rapidement que prévu de transmettre le pouvoir à son fils, le prince héritier Tamim, 33 ans.

Cette passation de pouvoir pourraît être annoncée avant le début du Ramadan dans les semaines prochaines. Plusieurs options sont possibles : Tamim deviendrait le nouvel émir ou alors serait nommé Premier ministre. Dans les deux cas, il s'agira d'une "conduite accompagnée" du pouvoir, l'émir Hamad restant en coulisse pour suivre son fiston et pouvant intervenir à tout moment si les choses tournaient mal.

Dans l'affaire, la principale victime serait Hamad Ben Jassem, dit HBJ, l'actuel Premier ministre et ministre des affaires étrangères, l'homme le plus puissant de l'émirat après l'émir et artisan du coup d'Etat de 1995. Depuis plusieurs mois, Cheikha Moza, la deuxième femme de l'émir, est aussi en perte de vitesse, en proie à l'hostilité des conservateurs et des religieux.

Sa chaîne, Al-Jazeera Children, qui était dans giron de Qatar Foundation, son bébé, est en train de passer sous contrôle du groupe Al-Jazeera Media Network. Un familier des affaires de l'émirat nous a rapporté qu'elle aurait dit à son entourage : "je ne reconnais plus ma chaîne!"

Bref, le diwan royal est en pleine ébullition. On murmure que Hind, l'une des filles de l'émir qui travaille à son cabinet, pourrait prendre du galon dans le sillage de Cheikha Moza. Si la promotion de Tamim est annoncée, aucun doute qu'il y aura aussi des conséquences sur la diplomatie, parfois aventureuse, du Qatar. Tamim, qui est en charge de l'organisation de la coupe du monde 2022 et de tous les dossiers sécuritaires, est beaucoup plus prudent dans la crise syrien que le bouillant HBJ...

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