La télévision publique a fermé ses portes avec une équipe de journalistes en larmes et une forte dose de ressentiment contre le pouvoir politique

La journaliste annonce que la chaîne ferme immédiatement
La journaliste annonce que la chaîne ferme immédiatement © capture d'écran

La chaîne publique israélienne "1" a fermé mardi soir, après 49 ans de diffusion. La présentatrice de la grande émission d'informations du soir de cette chaîne, "Mabat" (Regarde), a annoncé les larmes aux yeux qu'il s'agissait de la toute dernière édition. Elle venait de recevoir un texto de ses supérieurs le lui annonçant. Une fin volontairement anticipée, alors que c'est le 15 mai, que l'IBA doit être remplacée par la Public Broadcasting Corporation (PBC).

Après ce dernier journal, la "1" n'a plus émis que de la musique tout comme les différentes chaînes de la radio publique. Si la fermeture était attendue dans le cadre d'une réforme contestée de l'audiovisuel public, elle est intervenue de manière anticipée et brutale.

Kol Israël, la radio publique, existait depuis 81 ans. Elle aussi a du cesser ses programmes mercredi 10 mai à 19h.

Officiellement, la réforme visait à dynamiser un service public à bout de souffle et à regagner une partie du terrain perdu face aux chaînes privées. Officieusement, la volonté d'emprise de Benjamin Netanyahu sur l'information passe aux yeux de nombreux commentateurs israéliens pour un facteur primordial de la crise. Selon les syndicats de la télévision publique, le Premier ministre trouvait depuis longtemps les journalistes "indociles".

L'ancien responsable des journalistes israéliens explique que "c'est une revanche du gouvernement qui considère que les journalistes sont des ennemis".

Une nouvelle structure devrait commencer à émettre à partir de lundi, mais elle devrait compter moitié moins de salariés. Les informations devraient être traitées par un nouvel organisme sous contrôle d'Etat. L'indépendance de l'information ne semble donc pas assurée.

► POUR ECOUTER | Le reportage d'Etienne Monin

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