Dans un pays classé parmi les plus corrompus au monde, la chambre basse du Parlement apparaît surtout, aux yeux de la population, comme le lieu des petits arrangements entre amis.

2 500 candidats se présentent aux élections législatives afghanes, pour 249 sièges.
2 500 candidats se présentent aux élections législatives afghanes, pour 249 sièges. © AFP / Wakil Kohsar

Devient-on député dans l'espoir de changer les choses ou bien d'améliorer sa situation personnelle? La plupart des Afghans choisiront sans doute la deuxième réponse. L’abstention risque d’être importante aux élections législatives qui ont lieu ce samedi, dans un contexte de défiance envers les parlementaires du pays.

Malgré le risque encouru par les candidats (10 ont été tués depuis le début de la campagne électorale), la fonction de député n’est pas dénuée d’avantages. A commencer par le revenu : plus de 2 300 euros mensuels, soit environ 15 fois le salaire moyen en Afghanistan. Il inclut les dépenses en véhicules blindés et gardes du corps.

Dans un pays classé par l’ONG Transparency International comme l’un des plus corrompus au monde, "de nombreux députés et candidats actuels voient la députation et ses privilèges comme un moyen de s’enrichir ou accroître une richesse acquise illégalement", accuse Ahmad Tamim Rahman, lui-même candidat à Kaboul. 

Pas étonnant alors qu’un détenu figure parmi les prétendants à la fonction parlementaire ! Abdul Karim Safaq est candidat depuis sa cellule, où il purge une peine de deux ans de prison pour fraude.

Pour beaucoup d’Afghans, les députés ne se soucient que de leurs propres intérêts, la chambre basse du Parlement étant perçue comme un lieu où se négocient de petits arrangements entre amis. Ainsi, d’après une enquête de l’Asia Foundation publiée en août, seules 10% des personnes interrogées considèrent que les parlementaires se préoccupent des questions nationales.

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