Siège de la NSA à Fort Meade, Maryland
Siège de la NSA à Fort Meade, Maryland © REUTERS

Un scandale, révélé hier par le Guardian et le Wahington Post, secoue l'administration Obama : la reconduction d'un programme secret datant de l'ère Bush, autorisant la NSA à récupérer auprès des opérateurs téléphoniques la liste des appels de leurs clients et à avoir accès aux serveurs de neuf groupes informatiques de premier plan comme Google, Yahoo, Apple, YouTube, Skype et Facebook.

Selon un haut fonctionnaire de Washington tenant à garder l'anonymat, le programme ne vise que des ressortissants étrangers habitant en dehors des Etats-Unis, ce qu'a répété par la suite le directeur du renseignement national James Clapper qui a estimé que ces fuites menaçaient la sécurité nationale.

De son côté, la Maison Blanche a démenti espionner les citoyens américains ou les personnes vivant aux Etats-Unis.

Dans des communiqués diffusés jeudi soir, Google, Apple, Yahoo et Facebook ont tous démenti que le gouvernement dispose d'un "accès direct" à leurs serveurs centraux.

L'article du Washington Post est paru en même temps qu'un article du Guardian révélant que le gouvernement américain collecte auprès de l'opérateur télécoms Verizon les données téléphoniques de millions d'Américains dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Selon le quotidien, ce programme PRISM a été mis en place sous la présidence de George W. Bush en 2007 et s'est étendu de manière exponentielle sous la présidence de son successeur

Barack Obama.

La classe politique américaine a vivement réagi jeudi aux révélations du Guardian et du Washington Post sur ces pratiques, dont l'existence était soupçonnée mais n'avait encore jamais été confirmée.

Ces révélations ont concrétisé les pires craintes des défenseurs des libertés individuelles, qui tentent depuis des années de faire la lumière sur l'utilisation par le gouvernement du "Patriot Act", la loi votée après le 11-Septembre.

L'affaire est assez grave pour que le New York Times ait publié hier un éditorial (exceptionnellement signé par toute sa rédaction) accusant Obama d'avoir "perdu toute crédibilité".

A New York, Aurélien Colly

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