Dans la nuit de dimanche à lundi, la première station spatiale chinoise, Tiangong-1, lancée en septembre 2011 se sera désintégrée dans l'atmosphère. Certains morceaux pourront arriver jusqu'à notre sol, mais on ne sait pas bien où. Des chutes qui ne sont pas si rares, même si le risque d'un drame est très faible.

Tiangong-1 au moment de son départ en 2011, sept ans avant son brutal retour sur Terre
Tiangong-1 au moment de son départ en 2011, sept ans avant son brutal retour sur Terre © AFP / IC / Imaginechina

Il faut le reconnaître, on avait bien ri en mai 1999, quand le couturier Paco Rabanne annonçait la fin du monde quelques semaines plus tard, suite à la chute imprévue de la station spatiale russe Mir. On avait pouffé à nouveau en août de la même année, en constatant que le laboratoire orbital était resté tranquille pendant l'éclipse solaire, loin du château de Vincennes où il était censé finir sa route.

Mais il faut quand même reconnaître qu'un élément était juste : deux ans plus tard, Mir a bien fini par tomber sur Terre. Une chute volontaire, programmée et déclenchée, durant laquelle la station s'est en grande partie désintégrée dans l'atmosphère. Les quelques morceaux restants ont terminé leur voyage au fond de l'Océan Pacifique.

Mir est donc l'exemple parfait de chute prévue, le seul même d'une désorbitation parfaite. Pour Tiangong-1, c'est plus compliqué. La principale inconnue, c'est l'endroit où ses morceaux vont terminer : trop de critères entrent en jeu. Selon les experts, ce qui reste de la station peut atterrir quelque part dans une bande entre 43° de latitude Nord et 43° de latitude Sud. Autrement dit, à peu près n'importe où entre le Sud de la France et la Nouvelle-Zélande.

Seuls le Canada, l'Europe du Nord et la Patagonie sont hors-zone. En France, la Corse est concernée, tout comme les Antilles et la Réunion, également dans le périmètre.

Un autocar qui tombe

Heureusement, le risque que l'impact se produise dans une zone habitée est très faible dans ce genre de situations. C'est bien simple, depuis les débuts de la conquête spatiale, jamais personne n'a été blessé et encore moins tué par un débris de satellite. Statistiquement, vous avez 65.000 fois plus de chance d'être frappé par la foudre que par un débris spatial.

Logique, puisque la Terre est recouverte à 70 % d'eau. Notre planète ne compte que 3 % de surface habitée. Même Pierre Richard dans "La Chèvre" ne pourrait réussir l'exploit de se trouver précisément sur le chemin d'un morceau de satellite en pleine chute.

De plus, le module chinois est (relativement) petit : 9 tonnes, l'équivalent d'un autocar. La rentrée dans l'atmosphère provoque de tels échauffements que les pièces brûlent... Sauf si elles ont été conçues dans des matériaux résistants à de fortes chaleur comme le titane, ce qu'on ignore.

30.000 objets au-dessus de nos têtes

Des chutes de ce genre, il y en a un paquet. Fin 2013, le satellite GOCE (5 mètres de long pour une tonne) avait ainsi embrassé le plancher des vaches au terme d'une mission de quatre ans. "Des objets de cette masse, il en retombe un par semaine en moyenne", expliquait alors Fernand Alby, spécialiste des débris spatiaux au Cnes.

► ALLER PLUS LOIN | Dossier du Cnes sur les débris spatiaux

Depuis que l'homme s'est décidé à sortir de son atmosphère, il a laissé en orbite des dizaines de millions de déchets, la plupart . Parmi eux, on compte environ 30.000 objets de 10 cm ou plus (dont 1.400 satellites actifs) selon le Cnes, dont la plupart (de 80 à 90 %) finiront par se vaporiser dans l'atmosphère.

En fait, ils sont surtout dangereux pour tout ce qui se trouve en orbite, comme les satellites en fonctionnement ou les astronautes. Selon le Cnes, une fois en orbite, "un objet de 1 cm de diamètre aura la même énergie qu’une berline lancée à 130km/h", et il est impossible de s'en protéger. Seule solution : réussir à changer de trajectoire à temps. La Station Spatiale Internationale a dû le faire cinq fois rien que pendant l'année 2015. Pour les spécialistes, réussir à nettoyer un peu cet espace déjà si encombré est un enjeu majeur des années à venir.

Aux dernières nouvelles, selon la station spatiale chinoise Tiangong-1 devrait effectuer une rentrée non contrôlée dans l'atmosphère terrestre dans la nuit de dimanche à lundi, selon de nouvelles prévisions diffusées samedi par l'Agence spatiale européenne (ESA).

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