Donald Trump vient d’annoncer que les États-Unis se retiraient de l'accord de Paris sur le climat. Une décision déplorée même par les grands patrons américains.

Après le retrait de l'accord de Paris annoncé par les États-Unis, plusieurs grands patrons, comme Elon Musk, ont quitté leur place de conseiller auprès de Donald Trump
Après le retrait de l'accord de Paris annoncé par les États-Unis, plusieurs grands patrons, comme Elon Musk, ont quitté leur place de conseiller auprès de Donald Trump © AFP / NICHOLAS KAMM, Brendan Smialowsk

Après avoir longtemps entretenu le suspense, Donald Trump a finalement annoncé la sortie de l'accord de Paris sur le climat, isolant les États-Unis sur la scène internationale et semant la consternation parmi les 194 autres pays signataires de ce texte historique. Cette sortie rapprochant ainsi seulement le gouvernement américain du Nicaragua et de la Syrie, qui, eux, n'ont pas ratifié l'accord en 2015.

Les réactions ont donc immédiatement fusé des quatre coins de la planète - dans la sphère politique mais aussi économique - entre stupeur, colère et effarement. De New York à la Californie, plusieurs dizaines de villes et d'Etats américains ont immédiatement organisé la résistance, promettant qu'au niveau local, l'Amérique continuerait d'avancer vers une économie verte.

Les grands patrons prennent position

Elon Musk, le patron de Tesla, Tim Cook, celui d'Apple, ou encore Darren Woods, le PDG du géant pétrolier Exxon, ainsi que d'autres nombreuses multinationales américaines, avaient tous exhorté Trump à rester dans l'accord, affirmant que cela permettra aux Etats-Unis de préserver leur influence lors de négociations futures. Après la déclaration de Donald Trump, ces derniers ont immédiatement réagi :

Elon Musk, le très médiatique PDG du constructeur de voitures électriques Tesla et ardent défenseur des énergies renouvelables, a immédiatement annoncé qu'il quittait les différents cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump ("Le changement climatique est réel. Quitter Paris n'est pas bon pour l'Amérique et le monde").

Bob Iger, le PDG de Disney, lui a emboîté le pas : "Question de principe, j'ai quitté le Conseil du Président après le retrait de l'Accord de Paris"

Le patron de GE, Jeff Immelt, s'est dit "déçu" et a exhorté les milieux d'affaires à prendre la tête du combat pour le climat, pour pallier l'inaction des autorités :

Le changement climatique est une réalité. L'industrie doit montrer l'exemple et ne pas être dépendante du gouvernement

Lloyd Blankfein, le PDG de la banque d'affaires Goldman Sachs, a jugé que le retrait des Etats-Unis était un "revers" pour l'environnement et "pour le leadership des Etats-Unis dans le monde". Numéro un américain de l'automobile, General Motors a, de son côté, assuré que sa position "n'avait pas changé". "Nous défendons publiquement l'action et la prise de conscience sur le climat".

Enfin, le groupement des plus grands patrons américains, la Business Roundtable s'est gardée de critiquer aussi frontalement la décision de Donald Trump, mais elle a toutefois tenu à souligner que les conséquences du changement climatique "étaient potentiellement graves et très étendues".

Erreur stratégique ?

Parmi les raisons pour lesquelles ces multinationales mettent la pression, c'est que l'Amérique n'est pas une île. Elle doit rester compétitive face au reste du monde. Or, le monde entier est en train de se mettre aux technologies propres, à la voiture propre (y compris en Chine).

Si l'Amérique et les compagnies pétrolières américaines veulent rester à niveau et si elles veulent rester compétitives dans ce monde qui veut réduire ses émissions de C02, l'industrie américaine doit suivre le mouvement et se mettre aux technologies bas carbone.

Concrètement, le 45e président des Etats-Unis devrait invoquer l'article 28 de l'accord de Paris, qui permet aux signataires d'en sortir. En raison de la procédure prévue, cette sortie ne deviendra effective qu'en 2020. Cependant, Donald Trump a pris soin de préciser que les Etats-Unis cessent "dès aujourd'hui" son application.

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