Les deux chefs politiques du gouvernement populiste italien ont apporté lundi tour leur soutien aux "gilets jaunes" en France, se réjouissant de cette "nouvelle Europe" en train de naître, à quelques mois des élections européennes.

Les deux chefs politiques du gouvernement italien ont à nouveau apporté lundi leur soutien aux "gilets jaunes"
Les deux chefs politiques du gouvernement italien ont à nouveau apporté lundi leur soutien aux "gilets jaunes" © AFP / Alberto PIZZOLI

Car les deux chefs de file respectifs ont en fait déjà lancé les campagnes de leurs mouvements respectifs pour les élections européennes prévues en mai. Matteo Salvini, également chef de la Ligue, s'est fait étriller par le président français à plusieurs reprises, quand Emmanuel Macron voulait donner un visage à son projet européen en mettant d'un côté ceux qui partagent son projet, de l'autre les images repoussoirs : Matteo Salvini et Viktor Orban. C'était encore le cas le 28 octobre, dans cette vidéo tweetée par le gouvernement.

Autant dire que les images des manifestations chaque samedi, les rond-points occupés et un président français en difficulté n'ont pas peiné le gouvernement italien.

Donald Trump était persuadé que les manifestants Français criaient son nom. Matteo Salvini aussi, qui a retweeté cette vidéo de la correspondante de la RAI, télévision publique italienne, qui entend, dit-elle, "énormément" de "gilets jaunes" crier le nom de Salvini. 

Du coup, Salvini se réjouit dit-il, "d'avoir des soutiens parmi les Français fatigués de Macron." 

Le 9 décembre, après l'épisode IV des "gilets jaunes", le même Matteo Salvini fait une compilation des tweets de certains de ses ennemis politiques, parmi lesquels l'ancien premier ministre Matteo Renzi, se félicitant en mai 2017 de l'élection d'Emmanuel Macron auxquels il oppose des photos des manifestations en France. Pour le leader de la Ligue "2019 sera l'année du défi pour une nouvelle Europe, avec un hashtag "gilets jaunes"

Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple"

Encore ce lundi, le vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur a profité d'un discours à la presse étrangère pour faire part de son espoir que le mouvement des "gilets jaunes" "obtienne tous les résultats qu'il s'est fixé". Tout en affirmant qu'il fera en sorte que l'Italie n'ait pas "à connaître les scènes de violence que vivent actuellement les Français". Plus tard dans l'après-midi, il a enfoncé le clou en souhaitant le départ d'Emmanuel Macron. "Plus vite il rentre chez lui, mieux ça vaut !"

Aux encouragements de Matto Salvini se sont joints ce lundi ceux de l'autre vice-premier ministre, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles qui prône justement la démocratie directe. "Gilets jaunes, ne faiblissez pas !", écrit le vice-Premier ministre Luigi Di Maio sur le blog de son mouvement. Di Maio s'en prend directement au gouvernement français, accusé de rester "sourd" aux revendications populaires et de représenter seulement "les intérêts des élites". "Nous, en Italie, nous sommes parvenus à inverser cette tendance", se félicite-t-il, appelant les "gilets jaunes" à faire de même.  Il leur propose d'ailleurs pour cela l'utilisation de la plateforme participative de son parti.

"Une nouvelle Europe est en train de naître. Celle des 'gilets jaunes', celle des mouvements, celle de la démocratie directe. C'est une dure bataille que nous pouvons mener ensemble. Mais, vous les 'gilets jaunes', ne faiblissez pas !", conclut Luigi Di Maio.

Car les deux leaders respectifs ont en fait déjà lancé les campagnes de leurs mouvements respectifs pour les élections européennes prévues en mai. Dans ce cadre, les "gilets jaunes" pour l'un, Macron pour l'autre sont d'utiles arguments de campagne. 

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