Au total, une dizaine de policiers ont été touchés par un sniper, en marge d'un rassemblement pour dénoncer les violences policières après le meurtre de deux Noirs américains.

La police fédérale inspecte les lieux de la fusillade de Dallas
La police fédérale inspecte les lieux de la fusillade de Dallas © Maxppp / Ralph Lauer

La colère est montée d'un cran cette semaine après les morts successives de deux citoyens américains tués par des policiers, et notamment celle de Philando Castille, filmée et devenue symbole viral des violences policières. Une colère qui a sans doute été le prétexte de nouveaux meurtres, cette fois contre des policiers, en marge d'un rassemblement dans le centre-ville de Dallas.

Un sniper a ouvert le feu sur les policiers depuis des positions élevées. Cinq agents ont été tués. Sept autres policiers et deux civils ont été blessés. Un témoin sur place raconte un "chaos total" après les coups de feu en pleine manifestation antiraciste. "Il y avait des Noirs, des Blancs, des Latinos, tout le monde. Et il y a eu ces coups de feu sortis de nulle part. C'est complètement fou".

Le suspect voulait "tuer des blancs"

"A ce stade, il semble qu'il y ait eu un seul tireur, sans lien connu ou inspiration d'aucun groupe terroriste international", a déclaré le ministre à la Sécurité intérieure Jeh Johnson. Le suspect, Micah Johnson, un Noir américain de 25 ans, a été tué par la police tôt vendredi après plusieurs heures de vaines négociations. Il s'était retranché dans un garage sur le parcours de la manifestation. La police l' abattu en faisant exploser une bombe à l'aide d'un robot télécommandé. C'est la première fois que les forces de l'ordre américaines utilisent une arme de ce type.

Micah Johnson a expliqué qu'il était "en colère" après la mort de Noirs aux mains de la police, qu'il voulait "tuer des blancs, en particulier des policiers blancs", a indiqué le chef de la police de Dallas. Le suspect était réserviste de l'armée américaine, il n'avait pas d'antécédents judiciaires. Il avait été déployé en Afghanistan pendant neuf mois, jusqu'en juillet 2014. Chez lui, la police a trouvé de quoi fabriquer des bombes, des armes, des munitions et des gilets pare-balles.

Barack Obama va se rendre à Dallas

Barack Obama a condamné "un acte odieux, calculé et abject contre les forces de l'ordre." Le président américain, en visite à Varsovie pour le sommet annuel de l'Otan, va écourter son séjour en Europe pour pouvoir se rendre à Dallas en début de semaine prochaine. Les candidats à l'élection présidentielle américaine, Hillary Clinton et Donald Trump, ont annulé des meetings de campagne.

Les manifestants étaient rassemblés pour dénoncer la mort suspecte (qu'ils considèrent comme des meurtres de sang froid) de deux Noirs tués par des policiers blancs à Baton Rouge, en Louisiane, et Minneapolis, dans le Minnesota. En pointe de ces protestations, le mouvement Black Lives Matter ("Les vies des Noirs comptent") a condamné la fusillade. "Black Lives Matter combat pour la dignité, la justice et la liberté. Pas le meurtre", a fait savoir l'organisation.

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Les réactions se sont multipliées sur les réseaux sociaux, notamment pour dénoncer une possible escalade dans la violence. C'est le cas notamment de Trevor Noah, l'animateur vedette du célèbre Daily Show, qui s'inquiète de voir le débat légitime sur les violences des policiers américains éclipsé par le drame de vendredi.

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