[scald=40821:sdl_editor_representation]par Elisabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Redoutée par certains, espérée par d'autres, l'éventuelle implication de Dominique Strauss-Kahn dans la campagne présidentielle agite le Parti socialiste au lendemain de son médiatique retour en France.

L'ex-patron du Fonds monétaire international, rentré à Paris dimanche après l'abandon des poursuites pénales à son encontre à New York, s'exprimera dans les 15 jours, selon son entourage.

On ignore la forme et la teneur de son message.

Va-t-il s'expliquer sur les accusations de tentative de viol dont il a fait l'objet ? Présenter ses excuses au Parti socialiste, à l'instar de ce qu'il a fait au FMI ? Amorcer un retour en politique, comme le souhaitent ses amis ?

Les avis divergent en fonction des multiples facettes de la personnalité de l'ancien ministre, dont l'image a beaucoup pâti de l'épisode new-yorkais.

Ses rapports avec les femmes ont conduit certains, comme Martine Aubry, à prendre leurs distances. Personne ne semble en revanche remettre en cause un savoir-faire utile en temps de crise économique et financière.

"Il y a une chose qui est certaine, c'est que sa compétence en matière de finance internationale est recherchée et reconnue", a dit François Hollande, favori des sondages pour la primaire PS, dimanche au Grand Jury Le Figaro-RTL-LCI.

"Il fait partie des voix que l'on veut entendre", a ajouté le député de Corrèze, déterminé à utiliser "tous les talents" s'il est élu président de la République en mai prochain.

Ségolène Royal, également en lice pour l'investiture du PS, a abondé dans le même sens, sur BFM-TV.

"Tout ce qui s'est passé ne remet pas en cause sa compétence. Il faut laisser du temps au temps, comme disait François Mitterrand", a dit la présidente de Poitou-Charentes.

"UTILE, PAS INDISPENSABLE"

Le talent de Dominique-Strauss-Kahn est aussi reconnu à l'UMP.

"Son opinion, ses jugements ont de la valeur, c'est un homme compétent", a dit Patrick Devedjian sur Europe 1. "Il a exercé des responsabilités importantes en France et au Fonds monétaire international et ce qu'il peut dire mérite d'être écouté".

Des amis de Dominique Strauss-Kahn se sont dits persuadés qu'il s'exprimerait pendant la campagne présidentielle.

"Oui, je pense que Dominique Strauss-Kahn s'exprimera pendant cette période, et je le souhaite", a déclaré le député Pierre Moscovici, sur RMC et BFM-TV.

"Voilà un homme qui a consacré sa vie à la chose publique, qui a une passion qui est la politique, qui a un engagement à gauche", a ajouté ce proche de "DSK" devenu coordinateur de la campagne de François Hollande.

"Comment voulez-vous qu'il soit absent de la confrontation suprême quand, en face de nous, il y a Nicolas Sarkozy et cette espèce d'impératif catégorique qui consiste à le battre ?"

Plus mesuré, le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, juge que les compétences de Dominique Strauss-Kahn seraient "utiles" mais "pas indispensables" à la campagne.

"Personne n'est indispensable, la preuve: la primaire s'est déroulée sans Dominique Strauss-Kahn alors qu'elle devait se dérouler avec lui", a-t-il fait remarquer lors de son point de presse hebdomadaire.

Malgré l'abandon des poursuites pénales à son encontre, Dominique Strauss-Kahn n'en a pas fini avec la justice.

Américaine d'abord, car il reste visé par une procédure au civil engagée par son accusatrice, Nafissatou Diallo. Française ensuite, car une enquête est ouverte sur un abus sexuel présumé, allégué par Tristane Banon, une romancière qui dit avoir été agressée en 2003.

Edité par Patrick Vignal

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