Depuis le début du conflit, sept cessez-le-feu ont été signés. Et les sept ont été violés quelques jours, voire quelques heures après leur signature.

Salva Kiir et Riek Machar signent un cessez-le-feu en février 2015
Salva Kiir et Riek Machar signent un cessez-le-feu en février 2015 © Reuters / Tiksa Negeri

Les deux parties ont jusqu'au 17 août pour trouver un accord solide pour mettre fin à ce conflit .

C’est ce qu’on appelle un serpent de mer. A peine la guerre civile commencée, des négociations pour la paix ont été entamées. Elles se tiennent, régulièrement, à Addis-Abeba en Ethiopie, au sein de l’organisation intergouvernementale est-africaine (Igad), qui comprend des représentants de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, du Nigéria, du Tchad et du Rwanda.

Dernière ligne droite avant la paix ?

Fin juillet, l’Igad a publié les 77 pages d’un projet d’accord de paix à trois semaines de la date butoir fixée au 17 août. Outre la mise en place d’un tribunal indépendant pour juger les crimes de guerre, les médiateurs proposent également un partage du pouvoir au sein d’un nouveau gouvernement . Les rebelles obtiendraient un poste de "premier vice-président", aux côtés d’un autre vice-président. Les postes ministériels seraient attribués de façon équilibrée entre les deux camps.

Selon Seyoum Mesfin, négociateur de l’Igad, c’est "un compromis impartial que nous pensons sincèrement être acceptable par les parties au conflit pour la période de transition ". Les négociateurs ont repris l’essence d’un précédent texte (rejeté), notamment sur les aspects économiques et sécuritaires, mais avec des "ajustements sur le ratio du partage du pouvoir ".

Si les parties belligérantes refusent de signer cet accord d’ici le 17 août, les sanctions tomberont : interdiction de voyager, gel d’avoirs à l’étranger et surtout embargo sur les armes.

Peu d'espoir

Alors que le neuvième round de discussions (depuis décembre 2013) vient de commencer à Addis-Abeba, les derniers signaux ne sont pas de bon augure. Début août, deux journaux et une radio ont été fermés par les autorités . Leur tort : faire la promotion du plan de paix actuellement en discussion.

En outre, ce mardi, un important chef rebelle, Ezekiel Gatkouth, a annoncé sa scission du mouvement de Riek Machar. "Le sujet de ces pourparlers en Ethiopie, c'est c'est la quête de postes par Machar, ce n'est pas la paix que nous voulons ", a-t-il expliqué à l'Agence France Presse. "Tout accord de paix signé sera illégitime et ne sera pas respecté". Le ton est donné : "la fin du conflit va être difficile à négocier après un an et demi de guerre civile ".

Salva Kiir et Riek Machar en personnes sont attendus sur place, à Addis-Abeba ces jeudi et vendredi. Le sort de 12 millions de Sud-Soudanais dépend de la bonne volonté de leurs dirigeants.

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