Les enfants sortent au compte-goutte de la grotte inondée, dans le nord de la Thaïlande, où ils sont bloqués depuis 16 jours. Une fois le sauvetage effectué, les enfants doivent absolument bénéficier d'un suivi psychologique.

Des infirmières attendent près des ambulances pour prendre en charge les enfants
Des infirmières attendent près des ambulances pour prendre en charge les enfants © AFP / Wichan Charoenkiatpakul / Bangkok Post

Les sauveteurs font la course avec les intempéries pour dégager ce mardi les quatre adolescents et leur entraîneur, toujours coincés dans une grotte inondée en Thaïlande. 

Les sauveteurs, avec l'appui de plongeurs, sont parvenus pour l'heure à extraire huit des 13 personnes bloquées dans la grotte de Tham Luang, un ensemble labyrinthique situé dans la province de Chiang Rai, au prix d'un parcours difficile, compliqué par les pluie et espèrent pouvoir sortir les cinq derniers membres du groupe "en même temps".

Les huit rescapés sont en bonne santé, "aucun n'a de la fièvre", a précisé mardi le secrétaire permanent du ministère de la Santé publique, Jesada Chokedamrongsuk.  Cependant, Thongchai Lertwilairatanapong, inspecteur général du ministère de la Santé, a déclaré que les premiers prélèvements sanguins pratiqués sur les enfants indiquaient "des signes d'infection".  Le groupe va être gardé en observation à l'hôpital pendant une semaine, a-t-il précisé.

"Un suivi est absolument nécessaire"

Au micro de Danielle Messager, le psychiatre Patrick Landman précise la hauteur du choc : "Ils ont côtoyé le risque de mort, ils en ont été conscients, même s'ils ont été protégés par leur accompagnateur, ils ont eu une représentation de la mort... Vu leur jeune âge, c'est un traumatisme de haut niveau."

Un traumatisme qui peut laisser des séquelles importantes. Peurs, phobies, anxiété, sommeil perturbé... Les enfants risquent de vivre dans un état de stress post traumatique, en revivant sans arrêt la situation. Avec, à terme, une incitation à un mode de vie reclus pour ne pas risquer de se retrouver un jour dans une situation similaire.

Mais ils sont aussi soumis à un autre risque. Comme le détaille le Dr Landman, "le groupe peut avoir eu un effet de renforcement". En considérant que l'équipe qu'ils forment va s'en sortir, ils se réconfortent. Mais si jamais l'un des enfants bloqués venait à mourir, les autres se considéreront comme "survivants" : "Cela va cristalliser encore plus l’événement traumatique."

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