Kim Jong-un et Donald Trump ne laissent que peu de place à la diplomatie dans leurs échanges, mais tous deux se montrent disposés à communiquer, sous conditions.

Les stratégies diplomatiques adoptées avec l'Iran par l'administration Obama ne peuvent pas s'appliquer à l'identique pour la Corée du Nord.
Les stratégies diplomatiques adoptées avec l'Iran par l'administration Obama ne peuvent pas s'appliquer à l'identique pour la Corée du Nord. © AFP / EDUARDO MUNOZ ALVAREZ

Nombre d'experts le disent, l'escalade verbale entre les États-Unis et la Corée du Nord doit être tempérée : le conflit armé est peu probable, car le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un sait qu'une frappe contre les américains serait suivie de représailles plus puissantes encore. Pour autant, réussir à apaiser les tensions grâce à une solution diplomatique demeure compliqué à mettre en place.

Plusieurs observateurs des précédentes crises diplomatiques entre les deux pays estiment que la situation n'est pas favorable aux discussions, notamment parce qu'il n'existe aujourd'hui pas de relations diplomatiques entre Washington et Pyongyang.

Pour y remédier, il faudrait tenter d'instaurer des relations semi-formelles, comme par exemple la mise en place, à Pyongyang comme à Washington, d'une Section d'intérêt avec des diplomates. Une autre piste serait d'organiser des rencontres semi-formelles, comme cela se faisait avec son père, Kim Jong-il, avec des personnalités universitaires, humanitaires, ou d'anciens responsables politiques. Des rencontres devenues rarissimes depuis le nouveau régime.

Toutefois, ces mêmes analystes et diplomates demeurent persuadés que ces discussions sont non seulement possibles, que ce soit par l'intermédiaire de pays tiers ou en direct, mais aussi la seule façon de parvenir à une solution de long terme.

Washington et Pyongyang posent leurs conditions

Des deux côtés du Pacifique, la porte reste ouverte à la négociation. Donald Trump, s'il a promis mardi "le feu et la colère" en réaction à un spectaculaire essai de tir de missile balistique intercontinental, avait aussi affirmé en mai qu'il serait "honoré de rencontrer" Kim Jong-un. A condition que le régime communiste accepte de mettre un terme, au préalable, à ses programmes nucléaire et de missiles balistiques.

Considéré comme moins disposé au dialogue que son père, Kim Jong-il, le dirigeant nord-coréen a lui aussi fait un pas vers le président américain en indiquant que les programmes nucléaire et balistique ne sont pas négociables. Sauf si les États-Unis renoncent à leur "politique hostile".

Le problème fondamental des exigences préalables des deux parties, c'est que Washington ne peut céder et alléger son dispositif militaire de protection de la Corée du Sud et du Japon. A l'opposé, les spécialistes estiment qu'appliquer la même stratégie que Barack Obama avec l'Iran, où les sanctions et l'intervention d'un pays tiers allié avait conduit au ralentissement du programme nucléaire iranien, ne serait ici d'aucune utilité. Isolé politiquement, le régime nord-coréen s'en retrouve moins vulnérable aux pressions extérieures, surtout que la Corée du Nord est déjà parvenue à s'assurer une capacité nucléaire.

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