Maintes fois critiquées, les sanctions internationales sont pour le moment le seul moyen de faire pression sur le régime de Kim Jong-un. Leur effet est toutefois relatif.

Lundi 28, un nouveau missile nord-coréen a survolé le Japon au mépris de toutes les règles internationales.
Lundi 28, un nouveau missile nord-coréen a survolé le Japon au mépris de toutes les règles internationales. © AFP / JUNG Yeon-Je

La Corée du Nord a une nouvelle fois bravé toutes les règles du droit international en lançant un nouveau missile en direction du Japon lundi 28 août dans la soirée et en renouvelant la provocation mardi, avec un deuxième tir au-dessus du Japon. "Quelque chose de fort doit être décidé", a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU. De son côté, Donald Trump affirmait que face à l’attitude nord-coréenne, "toutes les options sont sur la table".

Mais depuis la fin de la Guerre froide, les sanctions prises contre la Corée du Nord n’ont eu que peu d’effet. Quelques années après la chute du mur de Berlin, en 1993, Pyongyang annonce qu’il se retire du Traité de non-prolifération, ce qui suppose qu’il compte se munir de l’arme nucléaire. Cette nouvelle ouvre une assez longue période de crise entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, qui se terminera par un accord entre les Américains et l’Etat nord-coréen.

Pyongyang reçoit une aide alimentaire, en échange de quoi la Corée du Nord reste dans le Traité de non-prolifération. Mais en 2002, le régime annonce une nouvelle fois qu’il se retire de traité et qu’il lance un programme nucléaire. Après que des affrontements entre Coréens du Nord et du Sud aient fait plusieurs dizaines de morts, le président américain George W. Bush classe Pyongyang dans « l’axe du mal », constitué par les Etats soupçonnés de soutenir le terrorisme.

Quatre ans plus tard, la Corée du Nord lance ses premiers missiles à longue portée et réalise son premier essai de bombe nucléaire. Les sanctions internationales interviennent alors. Elles seront votées à l’unanimité au Conseil de sécurité de l’ONU. Il s’agit d’un embargo sur les armes. Mais rien n’y fait puisqu’en 2009, un nouvel essai nucléaire est réalisé, suivi immédiatement de nouvelles sanctions internationales. Dans le même temps, les relations commerciales entre Coréens du Nord et Chinois se développent.

En 2009, la Corée du Sud estime avoir le droit d’adhérer à l’initiative de sécurité en matière de prolifération, lancée par les Etats-Unis. 2013, c’est le troisième essai nucléaire de la Corée du Nord. Le pays poursuit depuis un programme balistique sans se soucier des sanctions et avertissements répétés de l’ONU et des Etats-Unis. Les Nord-Coréens se sentent menacés par la présence des troupes et armes américaines sur le sol sud-coréen.

L’arrivée au pouvoir de Donald Trump et ses sorties et menaces ne font qu’envenimer les relations entre les deux Etats. Il semble que seule l’intervention de la Chine, seul allié nord-coréen, pourrait permettre d’améliorer la situation extrêmement tendue dans la région.

Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a estimé que cette crise "s'approchait d'un point critique" mais que cette situation pourrait favoriser l'ouverture de négociations.

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