Carme Forcadell, présidente destituée du Parlement catalan, est convoquée ce jeudi devant la Cour suprême en vue de son inculpation. De son coté, Soraya Saenz de Santamaria doit gérer le gouvernement catalan, mis sous tutelle par Madrid.

Carme Forcadell et Soraya Saenz de Santamaria
Carme Forcadell et Soraya Saenz de Santamaria © Reuters / Rafael Marchante/Juan Medina

Un magistrat de la haute cour a convoqué Carme Forcadell et les cinq autres membres du bureau des présidents du Parlement catalan, ces jeudi et vendredi à partir de 9h30. Ils seront accompagnés de leurs avocats.  

La Cour répond ainsi à la demande présentée lundi par le procureur général de l'Etat, José Manuel Maza, qui réclame l'inculpation de ces six responsables pour rébellion, sédition et malversations. Lors de la convocation, le juge Llarena Conde devra leur préciser les chefs d'inculpation définitifs. 

Le délit de rébellion est passible en Espagne de 15 à 30 ans de prison, et celui de sédition d'un maximum de 15 ans.  

Carme Forcadell, l'indépendantiste dans l'âme

Carme Forcadell, 61 ans, est l'une des égéries du mouvement indépendantiste catalan. Charismatique, professeur de langue et littérature catalanes, fondatrice de la Plate-forme pour la langue, pour la défense du catalan, membre du bureau de l'Òmnium Cultural de Sabadell et présidente de l'association indépendantiste de l'Assemblée nationale catalane jusqu'en 2015. 

Carme Forcadell  a été l'une des meneuses des manifestations géantes pour l'indépendance. Elle est depuis 2015 présidente du Parlement catalan, où les partis séparatistes sont majoritaires en sièges mais pas en voix (47,6%).

Elle dirigeait le parlement lorsque, en septembre, deux lois ont été adoptées en urgence, dont celle organisant le réferendum. Elles ont été suspendues par la Cour constitutionnelle.

Soraya Saenz de Santamaria, la "tueuse"

C'est en tout cas comme cela que l'appellent ses adversaires. Figure incontournable de la politique espagnole, elle est considérée comme la femme la plus puissante d'Espagne selon le quotidien El pais, et en 2015, le journal américain " USA Today " la place dans le top 5 des femmes les plus influentes d'Europe derrière Angela Merkel. Membre du parti populaire du premier ministre Mariano Rajoy, c'est elle qui "hérite" du gouvernement de la Catalogne, depuis sa mise sous tutelle par Madrid et la destitution du gouvernement catalan. 

Cette avocate de 46 ans est vue comme la "confidente" de Rajoy, incarnant la ligne centriste et modérée du Parti Populaire. 

Issue d'une famille modeste ancrée à droite, c'est un bourreau de travail qui a connu une ascension rapide et s'est imposée sur la scène politique espagnole. La numéro deux du gouvernement espagnol est nommée en 2000 conseillère juridique de Mariano Rajoy. En 2004, elle est élue députée. En 2011, elle devient la première femme vice-présidente du Parlement et porte-parole du gouvernement.

Travailleuse, fonceuse, bonne négociatrice, elle joue surement son avenir avec la crise catalane. Si elle la dénoue, elle pourrait devenir numéro une espagnole.

Soraya Saenz a été victime d'une rumeur qui persiste encore aujourd'hui  : son père serait un général franquiste, José Antonio Saenz de Santamaria. Mort en 2003, cet homme existe mais c'est un homonyme. 

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