Ce mardi, le Parlement arménien se réunisait de nouveau pour choisir son Premier ministre, après la démission le 23 avril de Serge Sarkissian et un premier scrutin infructueux. A 42 ans, Nikol Pachinian, opposant depuis plus de dix ans, et personnalité atypique, devrait prendre sa place.

Nikol Pachinian a parcouru le pays ces dernières semaines
Nikol Pachinian a parcouru le pays ces dernières semaines © AFP / Vano Shlamov

Il est celui qui a réussi, après plus de dix ans à la tête de l'Arménie, à faire tomber Serge Sarkissian, qui venait de devenir Premier ministre début avril après avoir été Président du pays : Nikol Pachinian est ce mardi le seul candidat au poste de Premier ministre, à l'occasion d'une session extraordinaire du Parlement arménien destinée à élire celui qui gouvernera le pays. S'il négocie depuis lundi avec les représentants des forces en présence et si la victoire n'est pas encore aquise, elle est en tout cas souhaitée par le peuple, qu'il a conduit dans le mouvement de révolte de ces dernières semaines.

Mais qui est ce personnage, reconnaissable notamment à sa casquette vissée sur le front ? A 42 ans, il a déjà eu plusieurs vies : ce n'est pas en tant qu'homme politique mais que journaliste qu'il s'est fait connaître. Au début des années 2000, il dirige un journal d'opposition, "Haykakan Zhamanak", très impliqué dès 2008 contre le nouveau président, Serge Sarkissian (comme il l'avait été avec son prédécesseur Robert Kocharyan). 

Condamné à la prison en 2009

Après les élections de 2008, ses discours contestataires contribuent à donner lieu à une première vague de manifestations. Mais celles-ci se transforment en émeutes, et dix personnes meurent dans les affrontements. En 2009, considéré comme l'un des responsables, Nikol Pachinian se rend à la police, et est condamné à sept ans de prison. Il en sort finalement en 2011, grâce à une amnistie, et réussit à se faire élire député en 2012.

En 2013, il devient leader de son parti, nommé "Contrat civil" (il a depuis rejoint une coalition nommée Yelk), et demande déjà la démission de Serge Sarkissian, accusé d'avoir fait progresser la pauvreté et la corruption dans le pays. C'est la décision du président de modifier la constitution pour devenir Premier ministre qui a lancé, début avril, le mouvement de contestation, pacifique mais puissant, des arméniens.

Marche, rencontres et manifestations

Dans ce mouvement, Nikol Pachinian s'est montré un leader atypique mais très suivi. Dès avant le début de la contestation, il avait entrepris une longue marche à pied de 200km, entre la ville de Gioumri et la capitale Erevan. Sur le chemin, il a rencontré les habitants de villages, dormi parfois chez l'habitant, et a fini par être suivi par des soutiens. Tout le temps de la contestation, qui a duré près de quinze jours jusqu'à la démission de Sarkissian, il a parcouru le pays, allant à la rencontre des habitants, comme dans une véritable campagne électorale. 

Le 22 avril dernier, il est interpellé en marge des manifestations, et apparaît le bras bandé et des coquards sous les yeux. Ce mardi, la session parlementaire au cours de laquelle il sera peut-être élu Premier ministre (à condition qu'il obtienne une partie des voix du Parti républicain, au pouvoir jusqu'à présent), sera retransmise en direct depuis la place principale de Erevan.

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