Ancien assistant parlementaire de Jean-Marie Le Pen à Bruxelles, Pierre Malinowski est aujourd'hui sur le point de faire une découverte archéologique de premier plan en Russie. Il pense avoir localisé la tombe d'un général proche de Napoléon, mort en 1812, pendant la campagne russe.

Pierre Malinowski en mai 2018
Pierre Malinowski en mai 2018 © AFP / Irina Kalashnikova / Sputnik

Un mystère de plus de 200 ans est peut-être sur le point d'être résolu en Russie. Une équipe d'archéologues franco-russe pense avoir retrouvé la dépouille d'un général français, Charles Étienne Gudin de la Sablonnière, mort en 1812, durant la campagne russe de Napoléon. À l’origine de cette découverte exceptionnelle, il y a un personnage peu ordinaire. Un certain Pierre Malinowski, ancien légionnaire de 32 ans et, un temps, membre du Front national (devenu Rassemblement national).

Une carrure d'athlète, le cheveu ras, il intègre le Front national en 2014. Proche de Jean-Marie Le Pen, il prend sa carte d'adhérent et se retrouve propulsé au Parlement européen, en tant qu'assistant parlementaire du fondateur du parti et d'Aymeric Chauprade. Il multiplie les missions à l'étranger, notamment en Russie, où il noue des relations.

Impliqué dans l'affaire "Air Cocaïne"

Pierre Malinowski est aussi connu pour avoir joué un rôle dans l'évasion des deux pilotes français condamnés à 20 ans de prison dans l'affaire "Air Cocaïne". En août 2015, il fait partie du commando qui exfiltre de République Dominicaine, à bord d'une vedette, Bruno Odos et Pascal Fauret, tous deux arrêtés deux ans plus tôt par les unités de la section anti-drogue à bord d’un jet privé avec 26 valises contenant 700 kilos de cocaïne. Le 2 septembre 2015, Pierre Malinowski reconnait sur France 2 explique avoir participé à cette exfiltration par "solidarité militaire".

Deux ans après avoir adhéré au Front national, il quitte la formation politique avec qui il assure avoir aujourd'hui pris ses "distances"

Président de la Fondation franco-russe des initiatives historiques

Historien de formation, Pierre Malinoswki retourne à ses premières amours. Il s'installe à Moscou en 2017 et va acquérir sa notoriété en mettant au jour les restes d'un soldat du corps expéditionnaire russe de la Première guerre mondiale en France, ce qui va lui permettre de rencontrer Vladimir Poutine au Centre culturel russe de Paris, lors d'une visite du président russe, quelques jours plus tard.

Il aujourd'hui président de la Fondation franco-russe des initiatives historiques inaugurée à Moscou en octobre 2018, en présence du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

"En Russie, quand vous avez le soutien de Poutine directement, c'est quand même plus simple."

En mai 2019, alors que les témoignages diffèrent sur la localisation de la tombe, Pierre Malinowski reprend les recherches pour retrouver la sépulture du soldat Charle Étienne Gudin de la Sablonnière, fauché le 19 août par un boulet de canon ennemi lors de la bataille de Valoutina Gora, à 20 kilomètres à l'est de Smolensk, ville russe près de l'actuelle frontière avec le Belarus. Amputé de la jambe gauche, le général, que l'on disait très apprécié de Napoléon, meurt trois jours plus tard de la gangrène, à 44 ans.

La sépulture a été découverte dans les ruines de la forteresse de Smolensk.
La sépulture a été découverte dans les ruines de la forteresse de Smolensk. © AFP / Denis Maximov

Il le reconnait, ce projet n'aurait jamais pu aboutir sans l'appui du Kremlin. "En Russie, ils ne vont jamais au bout, c'est très difficile de monter un projet ici", explique-t-il. "Mais je pense que ça leur a plu qu'un Français vienne sur place et veuille retrouver un général de Napoléon. Ça a accéléré la chose. Et je peux vous l'avouer, j'ai eu le soutien du président, oui. En Russie, quand vous avez le soutien de Poutine directement, c'est quand même plus simple."

Une dernière étape lui reste à franchir. Il faut maintenant comparer, en France, l'ADN du corps considéré comme celui du général de Napoléon avec celui d'un proche, exhumé dans le centre de l'Hexagone, il y a deux siècles.

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