Vladimir Poutine de la Russie, Sergueï Lavrov et John Kerry à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York
Vladimir Poutine de la Russie, Sergueï Lavrov et John Kerry à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York © REUTERS/Mikhail Klimentyev/RIA Novosti/Kremlin

L'armée de l'air russe est intervenue hier pour la première fois en Syrie. Officiellement pour bombarder des positions du groupe djihadiste État islamique alors que Paris et Washington soupçonnent Moscou d'avoir visé des groupes d'opposants syriens.

L'intervention des avions russes a fait suite au feu vert donné quelques heures plus tôt à l'unanimité par la chambre haute du parlement russe, le Conseil de la fédération, à une opération militaire en Syrie.

"Nos avions ont attaqué huit cibles. Toutes ont été entièrement détruites, notamment un centre de commandement du groupe Etat islamique" affirme Moscou. Mais les troupes de Poutine ont-elles vraiment visées l'Etat Islamique, où ont-elles voulu conforter le président Assad ?

Pour le colonel Michel Goya, l'action russe, pour le moment, ne fait que favoriser l'organisation Etat islamique :

Les Russes affirment avoir procédé à des "frappes de précision", contre des "équipements militaires", des moyens de communication et des "stocks d'armes" de l'organisation Etat Islamique. De son côté, la télévision officielle de Bachar al-Assad annonce que ces raids ont eu lieu dans les provinces de Hama (nord-ouest) et de Homs (au centre), et que l'armée syrienne, elle, a mené un raid dans la région de Lattaquié. Les différentes forces sont souvent imbriquées, mais quand on regarde une carte, les djihadistes du groupe Etat islamique n'ont aucune présence à Lattaquié et Hama, et une implantation limitée à Homs.

D’ores et déjà, Washington et Paris semblent sûrs que la priorité de Moscou n’a pas été de frapper l’Etat Islamique, mais, d’abord et avant tout, de sauver le soldat Bachar, quitte à bombarder l’opposition syrienne ou d’autres groupes islamistes.

Moscou l'affirme, l'armée est intervenue contre des ennemis désignés par l'armée de Bachar al-Assad

Les sénateurs russes ont autorisé hier matin Vladimir Poutine à déployer son armée aérienne en Syrie. Juste après ce feu vert, Bachar Al-Assad, allié de Vladimir Poutine, a demandé l'aide militaire de la Russie. Et le président russe n'a pas tardé à voler à son secours pour frapper l'Etat Islamique, mais a priori pas seulement .Pour les Russes, l’équation est dans l'autre sens : il faut en premier éviter l’effondrement du régime, sinon les terroristes de l’Etat Islamique prendront le pouvoir à Damas.

Serguei Lavrov juge "infondées" les accusations selon lesquelles la Russie n'aurait pas visé l'EI et l'ambassadeue de Russie en France a expliqué ce matin que son pays combattait le groupe Etat Islamique et le Front Al Nosra et eux seulement. Akexandre Orlov était ce matin l'invité Fabienne Sintes

Il y a un centre de coordination qui se met en place à Bagdad, ça éviter la mauvaise interpértation de nos frappes

Ce jeudi, Moscou confirme de nouvelles frappes en Syrie. Quatre positions de l'Etat islamique auraient été visées

Provocation ou escalade dangereuse

Ces opérations militaires se sont déroulées sans la moindre concertation et les Etats-Unis sont convaincus qu'elles ne visaient pas en fait les djihadistes de Daech. La réaction américaine ne s’est pas faire attendre. Le ministre américain de la défense ne croit pas à la version officielle, tout indique que cette opération ne visait pas le groupe Etat Islamique pour Ashton Carter qui accuse Moscou de jeter de l'huile sur le feu et demande à la Russie de cesser son double-jeu.

Les explications de Frederic Carbonne à Washington

Mis devant le fait accompli, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a retrouvé son homologue russe Sergueï Lavrov au Conseil de sécurité de l'ONU : ils ont annoncé côte à côte devant la presse s'être mis d'accord sur la nécessité d'une rencontre "entre militaires, aussi vite que possible, peut-être même demain" afin d'"éviter tout incident" entre leurs aviations en Syrie. L'enjeu: un minimum de coordination et de dialogue pour éviter des incidents entre avions de chasse.

L'espace aérien syrien est en effet désormais encombré, entre les missions aériennes des pays de la coalition menée par les Etats-Unis, les raids réguliers de l'armée syrienne et désormais les bombardiers et les avions d'attaque au sol de l'aviation russe déployés en septembre sur une base construite dans l'aéroport de Lattaquié.

Les premières frappes russes en Syrie
Les premières frappes russes en Syrie © Radio France
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