Une femme et trois hommes sont encore en lice pour briguer la présidence de la Commission, l’un des postes les plus politiques dans l’Union européenne. Son attribution fait l’objet de toutes les discussions depuis les élections.

Margrethe Vestager, Frans Timmermans et Manfred Weber lors d'un débat sur leur vision de l'Europe.
Margrethe Vestager, Frans Timmermans et Manfred Weber lors d'un débat sur leur vision de l'Europe. © AFP / Aris Oikonomou

Après les élections, une partie des députés européens reprennent le travail ce mardi. Les groupes PPE (Parti Populaire Européen) et ENL (Europe des Nations et des libertés) organisent notamment des réunions de groupe pour tirer le bilan de ses élections et se projeter sur la suite. L’un des sujets brûlants du moment, c’est la nomination du futur président de la Commission européenne. Ce sera aussi le sujet du Conseil européen ce mardi soir, réunion informelle des chefs d’État et de gouvernement (à Bruxelles) autour d’un dîner. Pour occuper le poste hautement stratégique à la tête de la Commission, trois ou quatre candidats sont encore en lice.

Le Bavarois peu expérimenté

On le reconnait à son accent prononcé quand il parle allemand, Manfred Weber est le candidat officiel du Parti populaire Européen. Il a 46 ans et une allure de gendre idéal. Catholique pratiquant, il a proposé ses services de trompettiste dans les églises bavaroises avant de devenir ingénieur. Manfred Weber préside son groupe au Parlement européen depuis 2014, il n’a jamais occupé de poste ministériel dans son pays, ni la fonction de commissaire. Au sein même de son camp, certains le considèrent comme trop inexpérimenté en politique.

Michel Barnier, l’alternative

C’est une rumeur qui enfle à Bruxelles, le PPE pourrait choisir d’écarter Manfred Weber au profit de Michel Barnier. Ancien ministre et commissaire à deux reprises, le Français est beaucoup plus expérimenté. Michel Barnier, 68 ans, vient de mener avec brio la négociation sur le Brexit, il a su garder une forme d’unité entre les 27 Etats. Problème : il ne s’est pas déclaré candidat avant le scrutin (il expliquera ensuite qu’il ne voulait pas cumuler une candidature avec sa mission d’accompagnement du Brexit). Cela n’est pas conforme à la tradition du Spitzenkandidat qui veut qu’on désigne une tête de liste européenne qui a vocation à présider la Commission en cas de victoire. L’option "Barnier" ne fait donc pas l’unanimité.

La dame de fer des libéraux

Et si au lieu d’un président de la Commission, on nommait une présidente ? À 51 ans, la Danoise Margrethe Vestager serait la première femme à prendre ce poste. Membre de l’Alliance des Libéraux, actuel commissaire à la concurrence, elle a prouvé qu’elle pouvait se montrer ferme face à des grandes entreprises. Son style détonne dans les couloirs feutrés de Bruxelles : "Je viens d’un pays scandinave, nous sommes des gens directs ! Certains considèrent cela comme impoli". Son pragmatisme plait particulièrement à Angela Merkel. Même si son camp est arrivé en troisième position ce dimanche, elle estime que sa forte progression permet de se positionner comme incontournable : "Oui j’estime que je pourrais devenir être présidente. Qu’est-ce que vous risquez à demander un poste ? Un peu de frustration si vous ne l’obtenez pas ?"

Le diplomate aux racines ouvrières

Enfin, le Néerlandais Frans Timmermans est le candidat des sociaux-démocrates. Âgé de 58 ans, c’est un ancien diplomate qui parle 6 langues, actuellement vice-président de la Commission. Il est notamment responsable des procédures de sanctions engagées contre la Pologne et la Hongrie pour les violations de l'État de droit, ce qui lui vaut des tensions avec les État membres. Quand on lui reproche une certaine déconnexion avec le peuple, il a une réponse bien préparée : "Je suis le petit-fils de deux mineurs de fond, mon père a commencé à travailler à 14 ans, donc je suis bien au courant des problèmes ordinaires des gens de ma famille politique". Frans Timmermans est le challenger dans cette course à la Commission.

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