L'Institut du monde arabe consacre une exposition aux chrétiens d'Orient. L'occasion de revenir sur le riche passé culturel et les histoires diverses des églises originelles.

Les Chrétiens d'Orient sont répartis dans le monde entier.
Les Chrétiens d'Orient sont répartis dans le monde entier. © AFP / ANWAR AMRO

L'exposition se déroule à l'Institut du monde arabe, Paris V, du 26 septembre au 14 janvier. Elle s'intitule : "Les chrétiens d'orient, deux mille ans d'histoire". Le reportage d'Isabel Pasquier :

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E/ EXPO CHRETIENS D'ORIENT

L’expression "Chrétiens d'Orient" est utilisée, pour désigner, comme l'explique Chantal Verdeil, professeur à l'Inalco,. Née au XIXe siècle, elle identifie les chrétiens vivant dans l’empire Ottoman. A cette époque, Rome veut aider et ces fidèles qui vivent loin de l’occident.

Mais cette population est loin d'être homogène ou de se concentrer sur un seul et même territoire. Exceptées l’église copte en Égypte et l’église maronite au Liban, les églises des Chrétiens d’Orient ne correspondent pas à un pays ou à une zone géographique particulière. Et pour cause : ces hommes et ces femmes ont très souvent migré et créé des diasporas dans le monde entier.

Rome et l'Orient

Les points communs entre les arméniens et les maronites sont rares. Mais s'ils ne partagent pas la même histoire, on considère qu'ils relèvent tous deux dans ce même groupe. Les chercheurs parlent plus aujourd’hui des chrétiens du Proche-Orient pour les ancrer dans un espace, sans que cela soit le principal critère.

L’Égypte et le Liban sont les deux pays où vivent le plus grand nombre de chrétiens au Proche-Orient. Au départ, le christianisme est une seule et même église, puis viennent les églises assyrienne, maronite et arménienne et, enfin, les coptes. Dans cette liste non exhaustive, on trouve donc des doctrines diverses et des cultures diverses.

La politique romaine a été de créer des églises en Orient pour essayer de "reprendre la main", puisque selon Rome les chrétiens d’Orient sont dans l’erreur. Le pape envoie des missionnaires dans la région. C'est ainsi que naissent des groupes plus petits encore, revenus sous l'autorité pontificale. Les maronites, eux, ont toujours adhéré au catholicisme.

L'Orient sous influence

Ces églises sont vivantes et connaissent un véritable renouveau au XXe siècle. Telle l'’église copte, dont le dynamisme se manifeste particulièrement depuis les années 70. En 1971, il y avait 21 monastères et 120 moines coptes en Égypte ; trente ans plus tard, on compte 21 monastères en 1200 moines. Le Proche et le Moyen-Orient, en particulier l’Égypte, se confessionnalisent. Dans les années 50 ou 60, on était égyptien avant d’être copte ou musulman.

Les chrétiens d'Orient développent aussi leurs écoles en particulier leurs universités. Au Liban, les failles du système universitaire d'État ont permis aux universités privées chrétiennes de se développer ces trente dernières années. A Beyrouth par exemple, l’école Nazareth a une place déterminante : son église domine la grande mosquée de la ville.

Le poids des diasporas

En 1974 est créé le conseil des églises du Moyen-Orient. Les évêques et les patriarches cherchent à s’entendre et à s’unir, pour pouvoir s’entraider en dépit de la dispersion cultuelle et géographique.

La diaspora la plus ancienne est la diaspora maronite. Les maronites sont nombreux à avoir migré vers l'Amérique latine, l'Australie ou l'Afrique. Les immigrés deviennent une ressource financière et politique pour la famille restée en Orient. La communauté copte d’Amérique a par exemple toujours fait pression, jusqu’à Moubarak, pour assurer une protection aux coptes d'Égypte. Au Liban, on invite les migrants à ne pas vendre leurs terres et à ne pas renoncer à leur nationalité afin que les maronites demeurent une force politique sur le sol libanais.

La pression islamiste

Les églises vivent actuellement sous la menace en Irak et Syrie et en Égypte de l'organisation État Islamique, qui les persécute.

Le nombre relatif de Chrétiens du Proche-Orient diminue, notamment en raison de la forte croissance démographique des musulmans au Moyen Orient et des différents conflits armés qui s'y déroulent. Depuis 2003, les Chrétiens ont fui l'Irak, où ils ne représentent plus que 2% de la population.

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