Le programme DACA permet d'avoir un statut à 800 000 enfants entrés illégalement aux États-Unis avec leurs parents sans-papiers. Donald Trump le supprime.

Dreamers : manifestation à Los Angeles le 1er septembre pour le maintien du programme DACA
Dreamers : manifestation à Los Angeles le 1er septembre pour le maintien du programme DACA © AFP / FREDERIC J. BROWN

Mis en place en 2012 par décret par Barack Obama, le programme Daca (Deferred Action for Childhood Arrivals) avait pour objectif de faire sortir de l'ombre les enfants arrivés illégalement aux États-Unis avec leurs parents et leur permettre d'étudier et de travailler grâce à un permis de deux ans renouvelable. S'ils sont arrivés avant l'âge de 16 ans et n'ont pas d'antécédent judiciaire, ils sont autorisés à rester aux Etats-Unis, étudier puis travailler et sont parfaitement intégrés à la société américaine. Ce statut leur donne également accès à la sécurité sociale.

Un programme "anticonstitutionnel" selon l'administration Trump

Mais le président américain met fin à ce programme emblématique : à compter de ce 5 septembre 2017, aucune nouvelle demande ne sera examinée, a indiqué le ministre de la Justice Jeff Sessions. Le sort de ceux qui bénéficient déjà de ce statut ne sera pas affecté avant le 5 mars 2018, délai de six mois accordé par l'administration pour que le Congrès légifère sur ce thème.

Traduction : Congrès, prépare-toi à faire ton travail

La presse publie depuis plusieurs jours des portraits de "héros" comme l'Amérique sait en honorer : des héros tous issus des rangs des Dreamers. Buzzfeed évoque le cas de cet ambulancier de 23 ans qui a sauvé plusieurs vies et qui, entre eux sauvetages , est rentré chez lui prendre une douche et a découvert à la télévision que Donald Trump envisageait d'annuler son statut lui permettant de travailler légalement aux Etats-Unis. Le Huffpost, de son coté, évoque la mort de Alonso Guillen, 31 ans, arrivé du Mexique avec ses parents lorsqu'il était adolescent et qui est mort noyé alors qu'il sauvait des victimes de l'ouragan Harvey.

Les grandes entreprises, la Silicon Valley et Hollywood défendent le programme

Une grande partie du monde des affaires, en particulier dans la Silicon Valley, et de nombreuses stars de Hollywood se sont mobilisés contre une suppression de ce programme, qui permet aux jeunes souvent originaires d'Amérique latine d'obtenir l'équivalent d'un permis de séjour :

"Terminer DACA serait le plus mauvais geste de Trump." Mia Farrow

"Je soutiens les Dreamers qui ont renforcé notre pays."Susan Sarandon

"250 de mes collègues d'Apple sont des Dreamers. Je suis avec eux. Ils méritent notre respect et une solution digne des valeurs américaines", a tweeté dimanche Tim Cook, PDG d'Apple.

Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a posté une photo accompagnée d'un message simple: "Je soutiens Daca" :

Le sénateur républicain James Landford résumait le malaise d'une phrase :

En tant qu'Américains, nous ne tenons pas les enfants légalement responsables des actes de leurs parents.

Plusieurs dirigeants de grandes entreprises en dehors du secteur des nouvelles technologies ont également écrit une lettre à Donald Trump pour exprimer leur opposition à la suppression du programme. Dans cette lettre, ils rappellent qu'au moins 72% des plus grandes entreprises du pays comptent des bénéficiaires du programme DACA dans leurs effectifs.

Barack Obama bientôt sur le devant de la scène ?

Lors de sa dernière conférence de presse avant son départ de la Maison Blanche, le 18 janvier, Barack Obama avait affiché sa volonté de rester en retrait mais il avait aussi énuméré les conditions qui pourraient le pousser à sortir de son silence si les "valeurs fondamentales" de l'Amérique étaient menacées. Il avait ainsi déclaré :

Je mets dans cette catégorie les efforts visant à expulser des enfants qui ont grandi ici et qui sont, à tous égards, des enfants américains

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