Le processus de nomination du remplaçant de Theresa May au poste de Premier ministre a débuté, avec le vote des députés du parti conservateur ce jeudi. Il reste sept candidats à l'issue de ce premier tour. Portraits.

Qui pour remplacer Theresa May au 10 Downing street, résidence du Premier ministre britannique ?
Qui pour remplacer Theresa May au 10 Downing street, résidence du Premier ministre britannique ? © AFP / Tolga AKMEN

Les 313 parlementaires conservateurs britanniques ont voté ce jeudi au premier tour d'un scrutin qui s'annonce long. Ce scrutin vise à nommer le futur chef du parti conservateur qui deviendra Premier ministre en remplacement de Theresa May, démissionnaire. Ils étaient onze à prétendre au poste.

Ils ne sont plus que sept à l'issue du premier tour ce jeudi. À la fin du processus, les deux candidats encore en lice seront départagés par les 160 000 membres du Parti conservateur via un vote postal qui s'achèvera dans la semaine du 22 juillet. Des débats seront organisés au cours de cette étape finale.

Boris Johnson, le favori

Boris Johnson favori pour remplacer Theresa May au poste de Premier ministre
Boris Johnson favori pour remplacer Theresa May au poste de Premier ministre © AFP / TOLGA AKMEN

Âgé de 54 ans, l'ancien secrétaire au Foreign Office de Theresa May, qui fut aussi maire de Londres, est arrivé largement en tête de ce premier tour. Il avait déjà les faveurs des sondages et des "bookmakers". On sait désormais qu'il a également les faveurs des membres du Parti conservateur, en obtenant 114 voix. Commentant l'annonce du retrait de la Première ministre, il avait déclaré que le Royaume-Uni quitterait l'Union européenne au 31 octobre prochain, "avec ou sans accord". Mais il a ensuite mis en peu d'eau dans son vin en déclarant qu'"aucun être sensé ne viserait exclusivement une sortie sans accord".

Le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt

En Grande-Bretagne, le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt candidat à la succession de Theresa May
En Grande-Bretagne, le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt candidat à la succession de Theresa May © AFP / ALBERTO PEZZALI / NURPHOTO

Arrivé loin derrière Boris Johnson au premier tour avec seulement 43 voix, l'ancien ministre de la Santé est tout de même deuxième de ce scrutin. Âgé de 52 ans, il a succédé à Boris Johnson à la tête du Foreign office en juillet 2018. Partisan d'un maintien dans l'Union européenne lors du référendum de 2016, il prône aujourd'hui une renégociation de l'accord de retrait et propose la formation d'une nouvelle équipe de négociateurs, englobant davantage de sensibilités, une solution qu'il tient pour le meilleur moyen d'éviter un "no deal" qui serait un _"suicide politique"_. Hunt refuse de menacer de sortir sans accord à la date du 31 octobre.

Le ministre de l'Environnement, Michael Gove

En Grande-Bretagne, Michael Gove, le ministre actuel de l'Environnement, candidat au poste de Theresa May
En Grande-Bretagne, Michael Gove, le ministre actuel de l'Environnement, candidat au poste de Theresa May © AFP / Tolga Akmen

Âgé de 51 ans, l'actuel ministre de l'Environnement fut l'une des principales figures du mouvement en faveur du Brexit lors de la campagne pour le référendum du 23 juin 2016. Lieutenant de Boris Johnson pendant la campagne référendaire, Michael Gove lui a retiré son soutien en 2016 au moment où Johnson voulait briguer les fonctions de chef du gouvernement, pour présenter sa propre candidature, avant d'être finalement éliminé au moment du vote des membres du parti.

Il se dit "prêt à unir les conservateurs et le parti unioniste [indispensable à la majorité conservatrice à la Chambre des communes, NDLR], prêt à concrétiser le Brexit et prêt à diriger ce grand pays".

L'ex-ministre du Brexit, Dominic Raab 

Dominic Raab, l'ancien ministre du Brexit
Dominic Raab, l'ancien ministre du Brexit © AFP / TOLGA AKMEN

L'ancien ministre du Brexit, âgé de 45 ans, n'est resté que cinq mois en fonctions avant de quitter le gouvernement May, jugeant que l'accord de retrait négocié avec les Européens n'était pas à la hauteur des promesses du Parti conservateur. Il entend renégocier un "accord plus équitable" avec Bruxelles mais ne souhaite pas repousser la date du Brexit, désormais fixée au 31 octobre, quitte à sortir sans accord. Mais, ajoute-t-il, le Royaume-Uni ne paiera qu'une fraction des 39 milliards de livres sterling (45 milliards d'euros environ) de la facture du divorce (couvrant les engagements financiers pris par Londres dans le cadre de l'actuel budget pluriannuel communautaire).

Le ministre de l'Intérieur, Sajid Javid

Sajid Javid, ancien opposant au brexit, devenu eurosceptique
Sajid Javid, ancien opposant au brexit, devenu eurosceptique © AFP / TOLGA AKMEN

Ancien banquier âgé de 49 ans, libéral, le ministre de l'Intérieur, qui a affiché un portrait de Margaret Thatcher dans son bureau, a voté pour le "remain" en 2016 c'est-à-dire qu'il s'est opposé à la sortie de la grande Bretagne de l'Union européenne.

Il était pourtant considéré comme un eurosceptique. Il juge qu'il n'y a pas grand chose à craindre d'un divorce sans accord, soulignant que le Royaume-Uni aura quoi qu'il arrive "la capacité de se protéger".

Le ministre de la Santé, Matt Hancock

Matt Hancock, ministre du Développement international,, candidat au poste de Premier minsitre
Matt Hancock, ministre du Développement international,, candidat au poste de Premier minsitre © AFP / WIktor Szymanowicz / NurPhoto

Ancien économiste à la Banque d'Angleterre, le ministre de la Santé, âgé de 40 ans, a lui aussi voté pour le "remain" en 2016. "Sortir de l'UE sans accord n'est pas une option", dit-il, expliquant que le Parlement ne le permettrait pas. Ancien économiste de la Banque d'Angleterre, le ministre de la Santé Matt Hancock, a d'abord été chargé du portefeuille du Numérique. Il a obtenu 20 voix au premier tour du scrutin ce jeudi.

Le ministre du Développement international Rory Stewart

 Rory Stewart, contre une sortie sans accord de la Grande-Bretagne de l'UE
Rory Stewart, contre une sortie sans accord de la Grande-Bretagne de l'UE © AFP / TOLGA AKMEN

Ancien diplomate âgé de 46 ans, passé par Eton, Rory Stewart, randonneur aguerri qui a traversé à pied l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde et le Népal, a été promu courant mai au rang de ministre du Développement international. Partisan d'un maintien dans l'UE lors du référendum de 2016, il s'oppose à une sortie sans accord et défend l'accord conclu par Theresa May. Âgé de 46 ans, cet ancien combattant a servi en Irak comme gouverneur adjoint de la coalition après l'invasion américaine en 2003. Il s'est qualifié pour le deuxième round de la compétition de peu, obtenant 19 voix, soit deux de plus que nécessaire.

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