Le Comité des Nobel a désigné deux journalistes, la Philippine Maria Ressa et le Russe Dimitri Muratov, lauréats du prix Nobel de la Paix 2021. Ils ont été récompensés pour leur défense de la liberté d’expression dans leur pays respectifs.

Maria Ressa et Dimitri Mourakov, les deux Nobel de la Paix 2021, récompensés pour leur combat pour la liberté d'expression
Maria Ressa et Dimitri Mourakov, les deux Nobel de la Paix 2021, récompensés pour leur combat pour la liberté d'expression © AFP / EyePress News / EyePress

Cette année, c’est le combat pour la liberté d’expression et les investigations malgré les dangers qui ont été récompensées. Le Nobel de la Paix a été attribué vendredi à deux journalistes qui se battent au quotidien dans leurs pays : Maria Ressa aux Philippines et Dimitri Mouratov en Russie.

Maria Ressa, bête noire du pouvoir philippin 

Si son nom n’était pas dans la liste des favoris, Maria Ressa est pourtant une grande figure du journalisme en Asie. En 2018, le Time avait fait sa couverture avec elle et l’avait nommée "personnalité de l’année". Elle disait alors : "Les Philippines se dirigent vers un régime autoritaire. Les réseaux sociaux sont devenus des armes et les premières cibles sont les journalistes." Et elle était prête au combat.

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Depuis 2012, Maria Ressa mène un groupe de journalistes au sein du site Rappler, créé pour informer les Philippins sur les dérives du régime. Le travail Maria Ressa est très critique et vise la politique du président Rodrigo Duterte. Elle a surtout enquêté ces dernières années sur une série de décès que les ONG de défense des droits de l’Homme attribuent à la police. Entre 6 000 et 25 000 morts.

"Rien n'est possible sans les faits. Un monde sans faits signifie un monde sans vérité et sans confiance." (Maria Ressa)

En 2020, la pouvoir philippin tente de faire de Maria Ressa un exemple pour museler la presse et les médias. La journaliste doit faire face à un procès très médiatisé (son avocate est Amal Clooney). Il lui est reproché d’avoir financé le site Rappler avec des fonds américains, ce qui serait interdit aux Philippines. Maria Ressa a travaillé pour CNN aux Philippines, puis en Indonésie. Elle a la double nationalité philippine et américaine et a étudié à Princeton. Quelques minutes après l’attribution du Nobel de la Paix, elle déclare : "Rien n'est possible sans les faits."

Dimitri Mouratov, dernière voix du journalisme indépendant en Russie

Dimitri Mouratov est l’un des fondateurs et le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, le dernier journal russe indépendant, critique du pouvoir de Poutine. Quelques minutes après l’annonce de sa victoire, il a dédié son prix Nobel à son journal et ses journalistes tués. Six depuis la création du journal en 1993 dont Anna Politkovskaïa en 2006 et Natalia Estemirova en 2009.

"Ce n'est pas mon mérite personnel. C'est celui de Novaïa Gazeta. C'est celui de ceux qui sont morts en défendant le droit des gens à la liberté d'expression." (Dimitri Mouratov)

Avec ce Nobel de la Paix, le comité récompense à travers Dimitri Mouratov tous ceux qui ont payé de leur vie cette liberté en Russie. La remise de ce prix intervient en pleine vague de répression contre l’opposition en Russie. Les ONG et les médias indépendants critiques envers le Kremlin sont accusés d’être des extrémistes ou des agents étrangers.

Novaïa Gazeta, tri-hebdomadaire, publie de longs articles. Il a notamment enquêté sur les persécutions contre les homosexuels en Tchétchénie et en participé aux investigations internationales des Panama Papers. Le journaliste de 59 ans a déjà remporté plusieurs prix comme Prix international de la liberté de la presse du Comité pour la protection des journalistes en 2007. En France, il a été décoré de la Légion d’honneur en 2010. Malgré le danger, Dimitri Mouratov, continue son travail. Il sait que, comme l’a souligné le Comité pour la protection des journalistes, son journal est "le journal vraiment critique avec une influence nationale en Russie aujourd’hui".

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