Si le président vénézuelien a accusé son homologue colombien, il faut aussi noter que l'attaque aux drones a été revendiquée par un groupe d'opposants. Qui veut vraiment s'en prendre à Nicolas Maduro ?

L'attaque contre Maduro s'est produite lors des célébrations du 81e anniversaire de la Garde Nationale à  Caracas
L'attaque contre Maduro s'est produite lors des célébrations du 81e anniversaire de la Garde Nationale à Caracas © AFP / Juan BARRETO

Nicolas Maduro, après avoir vu passer au-dessus de sa tête des drones pendant un discours officiel, a immédiatement accusé le président colombien Juan Manuel Santos. 

Dès après cette tentative plusieurs personnes jugées responsables de l'attaque auraient été arrêtées et sept soldats de la Garde nationale ont été blessés par ces explosions de drones selon le chef de l'état vénézuélien. 

Par ailleurs, un groupe rebelle composé de civils et de militaires a revendiqué l'action, dans un communiqué :

"Nous ne pouvons pas tolérer que la population soit affamée, que les malades n'aient pas de médicaments, que la monnaie n'ait plus de valeur, que le système éducatif n'enseigne plus rien et ne fasse qu'endoctriner avec le communisme", assure ce texte. Celui-ci est signé du "Mouvement national des soldats en chemise", jusque-là inconnu.  Quelques minutes après les événements, les forces de sécurité étaient en train d'inspecter un immeuble qui se trouvait à proximité et dont la façade était noircie.

Ce "Mouvement national des soldats en chemise" a aussi publié sur les réseaux sociaux ce message : "Il est contraire à l'honneur militaire de maintenir au gouvernement ceux qui ont oublié la Constitution et ont fait de la fonction publique une manière obscène de s'enrichir"  Difficile de vérifier si ce groupe existe vraiment et s'il est réellement composé d'anciens militaires ayant fait défection mais l'on peut s'interroger la fidélité de l'armée au chef de l'état vénézuélien. 

Qui veut donc s'en prendre vraiment a Nicolas Maduro qui mène une politique ultra répressive depuis son arrivée au pouvoir. Une résistance est -elle en train de se mettre en place ? Les militaires qui l'entourent lui sont-ils absolument fidèles ? 

Maduro, 55 ans, qui se présente comme le "fils" du charismatique Hugo Chavez décédé en 2013, a été réélu à la présidence du pays en mai à l'issue d'un scrutin que l'opposition considère comme truqué. 

Des actions armées contre le pouvoir

Ce n'est pas la première fois qu'un groupe composé de militaires revendique des actions contre le pouvoir vénézuélien. A la même date l'an dernier, une vingtaine de soldats dénonçant dans une formule surprenante "la tyrannie illégitime" de Maduro tentent de s'emparer d'une caserne situé à 100 kilomètres de Caracas. Deux d'entre eux sont tués et les autres placés en détention. Quelques semaines après l'action spectaculaire de l'ex-policier Oscar Perez qui, après avoir dérobé un hélicoptère, lâche 4 grenades sur le bâtiment de la Cour Suprême.  

Si Maduro parvient encore aujourd'hui à se maintenir au pouvoir, c'est grâce au soutien indéfectible des forces armées nationales vénézueliennes dont les méthodes de plus en plus répressives sont directement issues de l'école cubaine. 

Ce n'est d'ailleurs pas un vénézuélien mais le général cubain Ramiro Valdez, rompu aux techniques de tortures du groupe d'élite de la sécurité d'état, qui fait l'ordre à La Havane. Miguel Diaz Canel, le nouveau leader cubain a été le 1er hier à à exprimer un soutien sans réserve à Maduro. Le leader vénézuélien est donc encore protégé mais ces actions  sont peut être la preuve que dans les rangs, les soldats vénézuéliens sont de plus en plus nombreux à ne pas vouloir garder le silence sur le drame que vit leur pays. 

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