Radovan Karadzic lors du jugement rendu au TPIY
Radovan Karadzic lors du jugement rendu au TPIY © MaxPPP

Le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a rendu son jugement dans le procès de l’ancien chef politique des Serbes Radovan Karadzic : condamnation à 40 ans de prison, pour génocide et crimes contre l'humanité pendant la guerre de Bosnie.

Au terme d’un procès-fleuve de près de cinq ans (2009-2014) et l’audition de plus de 500 témoins, le jugement a été rendu : Radovan Karadzic a été reconnu coupable de génocide, pour le massacre de près de 8.000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica en juillet 1995, le pire massacre à avoir été commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

La sentence a été prononcée devant de nombreuses victimes, dont des anciens détenus des camps et des mères de Srebrenica, qui avaient fait le déplacement.

Le plus haut responsable jugé pour les massacres en Ex-Yougoslavie

L'accusation avait déjà requis la prison à vie à l'encontre de Radovan Karadzic, qui se trouvait à l’époque à la tête de l’entité des Serbes de Bosnie, la Republika Srpska . Il est le plus haut responsable à être jugé par le tribunal pour des crimes commis pendant cette guerre, après la mort en 2006 de l'ancien président serbe Slobodan Milosevic au cours de son procès.

O-Gon Kwon, le juge du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY ), a bien affirmé que l'accusé était le fer de lance des structures, mais faute de preuves, Karadzic a étéacquitté du premier des deux chefs d'accusation pour génocide. Selon les juges, le massacre de Srebrenica s'inscrivait dans le cadre du "nettoyage ethnique" planifié par Radovan Karadzic avec le général Ratko Mladic et Slobodan Milosevic à l'issue du démantèlement de la Yougoslavie.

Karadzic fait appel

L’ancien psychiatre, qui s'est défendu lui-même, a décidé de faire appel du jugement. L'ancien chef serbe a d’abord réussi pendant 13 ans à échapper à la justice. Il a aussi, cette fois été reconnu coupable de persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés , notamment pour le siège de Sarajevo, qui dura 44 mois et tua 10.000 personnes , et pour des camps de détention aux "conditions de vie inhumaines".

La guerre de Bosnie a fait plus de 100 000 morts, et plus de 2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.

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