La CIA a eu recours à un large éventail d'actes de torture, dénonce le Sénat américain.
La CIA a eu recours à un large éventail d'actes de torture, dénonce le Sénat américain. © Reuters

Selon un rapport accablant du Sénat, la CIA a soumis des dizaines de détenus liés à Al-Qaïda à des interrogatoires violents mais inefficaces après le 11-Septembre. L'agence a immédiatement contesté ces conclusions.

Le rapport décrit comment les détenus ont été attachés pendant des jours dans le noir, projetés contre les murs, plongés dans des bains glacés, privés de sommeil pendant une semaine, frappés, psychologiquement harcelés. Un détenu a été menacé d'une perceuse. Khaled Cheikh Mohammed, cerveau présumé du 11-Septembre, ingérait et inspirait tellement d'eau pendant ses séances de "waterboarding" qu'il a fini "quasiment noyé".

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La commission du Sénat, qui a examiné 6,3 millions de pages de documents, assure que la CIA n'aurait jamais informé pleinement Bush et ses conseillers des techniques d'interrogatoire utilisées dans ses installations et prisons secrètes situées dans plusieurs pays dont l'Afghanistan, la Pologne et la Roumanie.

Faux renseignements

Dans bien des cas, ces interrogatoires poussés ont produit de faux renseignements, fabriqués par les détenus, affirme le rapport qui cite notamment une information erronée au sujet d'une prétendue campagne de recrutement menée par Al Qaïda auprès de la communauté afro-américaine.

Le directeur de la CIA, John Brennan, a reconnu que le programme avait "connu des problèmes" et que l'agence avait "commis des erreurs". Mais la CIA maintient que des informations obtenues par ce biais ont permis de faire "progresser la connaissance stratégique et tactique de l'ennemi d'une manière qui continue aujourd'hui encore d'alimenter les opérations du contre-terrorisme".

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