Le chef militaire des Serbes de Bosnie pendant la guerre de 1992-1995 a été reconnu coupable de génocide et crimes contre l'humanité, et condamné à une peine de réclusion à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

Le procès du "boucher des Balkans" avait commencé en 2011 après son arrestation en Serbie.
Le procès du "boucher des Balkans" avait commencé en 2011 après son arrestation en Serbie. © AFP / Anadolu Agency / Nihad Ibrahimkadic

Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public, qui avait plaidé pour la réclusion criminelle à perpétuité contre l'ancien chef militaire, dont le procès a commencé en 2011 après son arrestation en Serbie. La défense avait demandé l'acquittement, puisque l'ancien chef militaire n'a jamais concédé une once de culpabilité.

Finalement, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a reconnu Mladic coupable de dix des onze charges retenues contre lui et notamment pour avoir "contribué de façon importante" au génocide commis à Srebrenica en 1995, qui a coûté la vie à 8.000 musulmans en juillet 1995. L'ancien général est également coupable d'avoir "personnellement" dirigé le bombardement de Sarajevo, ainsi que le siège de Sarajevo qui a duré 43 mois, et a coûté la vie à plus de 11 000 personnes. Ratko Mladic a plaidé non coupable pour tous les chefs d'accusation, et devrait faire appel de sa condamnation.

Son procès aura duré cinq ans

Il s'agit du dernier verdict prononcé par le tribunal mis en place par les Nations-Unies en 1993. Le TPIY disparaîtra en effet le 31 décembre, après avoir mis en accusation 161 personnes pour des crimes de guerre commis dans les Balkans.

Quelques instants avant sa condamnation, Ratko Mladic a été évacué de la salle d'audience après s'être levé et avoir crié aux juges qu'ils mentaient. À son arrivée dans la salle d'audience, le "Boucher des Balkans" avait levé un pouce, souriant aux objectifs des photographes. 

La justice prive de puissance les tout-puissants

"C’est un moment de justice particulièrement important", dit Florence Hartmann, ancienne porte-parole du TPIY qui avait couvert le conflit d'ex-Yougoslavie pour le journal Le Monde. "Voir le tout puissant Mladic aussi énervé pendant l’énoncé du jugement, était un moment important".

Sur la place devant le tribunal étaient affichées des photos de 300 jeunes hommes, époux et fils, tués par les forces de Ratko Mladic.

Mladic est la quintessence du mal

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a salué la condamnation.  Pour Zeid Ra'ad Al Hussein, qui appartenait à la Force de protection de l'ONU dans l'ex-Yougoslavie entre 1994 et 1996, la condamnation de Mladic, qu'il considère comme "la quintessence du mal" est "une victoire capitale de la justice". Il explique que "ce verdict est un avertissement aux auteurs de tels crimes qu'ils n'échapperont pas à la justice, aussi puissants soient-ils, et quel que soit le temps qu'il faudra. Ils devront rendre des comptes". 

Les mères de Srebrenica, réunies devant un téléviseur, ont applaudi et pleuré à l'annonce du verdict, qu'elles ont écouté serrées les unes contre les autres.

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Dans les rues de la ville serbe de Bratunac, à cinq kilomètres seulement du mémorial de Srebrenica, des portraits de Mladic en uniforme ont été posés : "Tu es notre héros !", pouvait-on y lire.

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