Des violences ont éclaté mardi à Kinshasa et dans d'autres villes du pays, après l'annonce du président qui repousse les élections présidentielles jusqu'en 2018

Les manifestations pour réclamer la démission du président Joseph Kabila ont été violemment réprimées
Les manifestations pour réclamer la démission du président Joseph Kabila ont été violemment réprimées © AFP / John Wessels

Les autorités de la République démocratique du Congo ont dénombré pour l'instant onze morts pour la journée de mardi, 19 selon l'ONU, 26 pour l'ONG Human Rights Watch, tués par des forces de sécurité lors de manifestations à Kinshasa, Lubumbashi, Matadi, Boma. Des manifestations qui ont fait suite à l'annonce de report du scrutin présidentiel.

Selon Joseph Kabila, il est impossible d’organiser des élections avant janvier 2018, pour des raisons logistiques et financières. Le chef de l’Etat considère donc qu’il doit se maintenir au pouvoir jusqu’à cette date, et ceci même si son mandat est terminé depuis le 20 décembre.

Le scrutin présidentiel qui devait désigner son successeur, était initialement programmé le mois dernier, or la Constitution interdit à Joseph Kabila de se représenter. A 45 ans, il est au pouvoir depuis 2001, depuis une réélection contestée.

Indignation de l'opposition

L’opposant Etienne Tshisekedi, 84 ans, a posté une vidéo - non visible depuis la RDC - dans laquelle il a accuse le chef de l'Etat de s'être rendu coupable de "parjure", de "haute trahison" et de "violation intentionnelle de la Constitution". Pour lui Joseph Kabila "a perdu sa légitimité et sa légalité à la tête du pays".

Je lance un appel solennel au peuple Congolais à ne pas reconnaître l'autorité illégale et illégitime de Joseph Kabila et à résister pacifiquement au coup d'Etat.

L'opposition veut l'instauration d'une transition politique avec une présidentielle en 2017 et la garantie que Joseph Kabila ne se représentera pas. Etienne Tshisekedi souhaite également la poursuite de la médiation menée par la Conférence épiscopale nationale du Congo dont le président a adressé un ultimatum mercredi aux hommes politiques du pays, leur demandant de s'entendre "avant Noël".

Des avertissements très fermes des européens

Pour Jean-Marc Ayrault, "une date pour l'élection doit être fixée le plus vite possible, dans l'intérêt de la paix civile". Le ministre des Affaires étrangères a rappelé que "beaucoup d'aides sont versées" a la RDC et a fait savoir que la France demanderait que l'Europe prenne "des sanctions vis-à-vis de la RDC si les choses n'avancent pas dans le bon sens, celui du dialogue et d'une sortie de crise démocratique".

La Belgique a fait savoir qu'elle allait "réexaminer" ses relations avec la RDC et l'Allemagne a reporté à une date ultérieure, mais non précisée, les négociations sur l'aide au développement en RDC. Le ministère allemand des Affaires étrangères n'a pas exclu d'autres mesures de rétorsion.

A la mi-décembre, Bruxelles avait déjà prononcé des sanctions contre sept responsables sécuritaires congolais, interdits de séjour dans l'Union et dont les comptes bancaires ont été gelés.

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Même si Kinshasa est toujours surveillée par de nombreux policiers et militaires, la circulation et l'activité ont timidement repris depuis ce mercredi matin. Un calme précaire

Ecoutez le reportage de Pierre Bénetti

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