Denis Mukwege
Denis Mukwege © REUTERS/Yves Herman

La République démocratique du Congo fait visiblement payer au médecin ses propos. Lorsqu'il a reçu le prix Sakharov pour son combat en faveur des femmes victimes de viols, il avait appelé ses compatriotes à "soigner" la RDC victime d'"l'insécurité et de mauvaise gouvernance"

L'hôpital du Dr Denis Mukwege, plusieurs fois primé pour son aide aux victimes de viols dans l'est de la République démocratique du Congo, a dénoncé mercredi la saisie de ses comptes par le pouvoir.

La structure se trouve dans l'impossibilité de payer les salaires du personnel et celà pose évidemment des problèmes pour la prise en charge des malades, d'autant que l'hôpital ne peu plus non plus acheter les médicaments et le matériel médical.

Dominique André a reussi à joindre le Docteur Mukwege en RDC

Avec l’aide de la communauté internationale nous prenons en charge les victimes de violences sexuelles et les malades du sida. Nous ne recevons rien du Gouvernement congolais. Commencer à ponctionner les aides pour renflouer le trésor public, ça frôle l’inacceptable

"On peut parler d'acharnement"

Selon l'avocat de l'hôpital, il est reproché à l'établissement de pas payer l'impôt. Or, dit-il, "l'hôpital de Panzi est un hôpital de l'Etat. Et aucun hôpital public ne paie jusqu'à aujourd'hui les impôts en RDC". "Saisir les comptes de l'hôpital est illégal, ce qui peut nous amener à parler d'un acharnement", accuse-t-il.

Des dizaines d'agents de l'hôpital ont manifesté mercredi à Bukavu, devant la Direction générale des impôts pour protester contre cette décision. Sur les banderoles brandies par les employés en colère, on pouvait lire: "Arrêtez tout acharnement fiscal contre l'hôpital de Panzi", "Libérez notre argent".

Fondé par le Docteuur Mukwege, l'hôpital de Panzi soigne depuis une quinzaine d'années des femmes victimes de violences sexuelles dans cette région troublée, instable depuis deux décennies.

En recevant fin novembre le prix Sakharov pour son combat en faveur des femmes victimes de viols, le médecin avait appelé ses compatriotes à "soigner" la RDC. Denis Mukwegeavait dénoncé "l'insécurité et la mauvaise gouvernance" qui sont, selon lui, à la base de "l'extrême pauvreté" qui gangrène l'est de la RDC, région pourtant riche en minerais.

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