Affiche pour l'élection de Erdogan
Affiche pour l'élection de Erdogan © REUTERS/Osman Orsal

Elu dimanche et au premier tour, président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, 60 ans, a promis d'être "le président de 77 millions de Turcs, et pas uniquement de ceux qui ont voté pour moi".

Celui qui s'est fait élire en tant que président au suffrage universel -une première en Turquie- après trois mandats de premier ministre, a averti ses adversaires, inquiets de la dérive autoritaire du chef du gouvernement sortant :

Je prie tous ceux qui me qualifient de dictateur et d'autocrate de revoir leur position.

De protocolaire, Erdogan va faire basculer le poste en un régime semi-présidentiel

D'ici à sa prestation de serment, le 28 août, Erdogan va diriger pour la dernière fois les réunions de son parti l'AKP et superviser la désignation de son successeur, probablement un fidèle qui devrait aussi le remplacer à la tête du gouvernement. Avant même la nomination de ce responsable, Erdogan a entamé dès lundi les consultations en vue de la formation d'un nouveau gouvernement.

Les explications de Jérôme Bastion à Istambul

Erdogan veut un chef de gouvernement de paille pour garder la haute main sur les affaires

Celui qui doit sa reussite politique à l'opposition entre le peuple et les élites laïques a déjà exprimé le souhait de rester à la présidence pendant deux mandats, soit au moins jusqu'en 2023, année du centième anniversaire de la république kémaliste.

Erdogan dirige le pays depuis 2003 en maître absolu, mais de plus en plus contesté

Le succès énonomique de sa politique l'a longtemps portz. En un peu plus d'une décennie de croissance, Erdogan a fait de la Turquie une puissance économique régionale de premier plan. Homme charismatique, son parti a une base electorale très solide, rééllement attachée à son leader. Ses électeurs se trouvent à l'intérieur du pays et veulent comme lui une Turquie religieuse et conservatrice.

L'analyse de l’écrivain turc Nedim Gürsel, invité du 13h de France Inter

Mais celui qui est l'homme politique le plus populaire et le plus charismatique de son pays, est aussi devenu depuis un an la figure la plus contestée de Turquie ?

On reproche à celui qui est issu de l'islam politique, d'avoir transformé la société turque. En juin 2013, plus de trois millions et demi de Turcs sont déscendus dans la rue, durant trois semaines, pour lui reprocher sa main de fer et sa politique de plus en plus ouvertement "islamiste".__

L'hiver dernier, Erdogan__ galement été dénoncé comme un "voleur" lors d'un scandale de corruption sans précédent, né d'écoute téléphoniques, et qui a fait trembler son régime sur ses bases. Erdogan a tenté -sans succès- d'étouffer l'affaire, en bloquant l'accès des turqeus à Twitter et YouTube. Erdogan a riposté en reprenant sa stratégie favorite, celle de "l'homme du peuple" victime d'un "complot" des élites, un argument qui a visiblement porté vu le résultats des élections.

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