Le vote pour l'indépendance de la Catalogne, dénoncé comme irrégulier par Madrid, a été entaché par l'intervention de la police qui a fait au moins 91 blessés parmi les électeurs.

Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées dans les assauts de la police pour empêcher le vote
Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées dans les assauts de la police pour empêcher le vote © AFP / PAU BARRENA

Le bras de fer redouté entre indépendantistes catalans et pouvoir espagnol a débuté sur le terrain dimanche matin, avec des interventions de la police pour empêcher la tenue du référendum d'autodétermination face à des milliers de Catalans résolus à voter.

Pour cesser le scrutin, la police a effectué des tirs de sommation vers 10h, avant de tirer avec des balles de caoutchouc. Selon les services d'urgence catalans, au moins 91 personnes ont été blessées, dont une personne touchée à l'œil, dans les interventions de la police, mais beaucoup plus s'étaient rendus aux urgences. Du côté de la police, le ministère de l'Intérieur espagnol parle de onze policiers blessés, victimes de jets de pierres.

Dès l'ouverture des bureaux de vote à 9h ce dimanche matin, la police avait saisi des urnes et des bulletins après avoir posé des scellés hier sur plus de la moitié des bureaux prévus pour le vote. Des milliers de Catalans se sont pourtant massés devant les urnes pour participer au scrutin, interdit par la justice mais que l'exécutif catalan a assuré pouvoir organiser, lançant un défi sans précédent à l'État espagnol.

Le président indépendantiste vote malgré tout

Mais par endroits des citoyens ont quand même voté. A Gérone, face à une foule très tendue, des policiers anti-émeutes sont entrés de force dans le bureau où devait se rendre le président indépendantiste de Catalogne, Carles Puigdemont. Celui-ci a contourné la mesure en allant voter dans un autre bureau de vote proche de Gérone, selon le gouvernement catalan.

_"Nous pouvons tenir un référendum d'autodétermination assorti de garanties comme nous nous y étions engagés", a déclaré pour sa part le porte-parole du gouvernement régional Jordi Turull. Il a affirmé que l'exécutif catalan disposait d'un "recensement universel"_ qui permettrait aux électeurs de voter dans n'importe quel bureau de la région.

70 % des Catalans souhaitent un référendum légal

Les habitants de la région, où l'indépendantisme gagne du terrain depuis le début des années 2010, sont divisés presque à parts égales sur l'indépendance. Mais les Catalans souhaitent majoritairement, à plus de 70%, un référendum d'autodétermination légal.

Depuis le 6 septembre, date de la convocation du référendum par le pouvoir régional, ni les poursuites judiciaires ni les arrestations ou perquisitions n'ont dissuadé les indépendantistes de cette région où vivent 16% des habitants du pays d'organiser le scrutin interdit.

Des urnes en plastique blanc transparent ont été acheminées tôt dimanche dans les bureaux, apportées à toute allure par des militants protégés par la foule.

Les autorités craignent l'arrivée de groupes d'extrême gauche ou d'extrême droite qui pourraient provoquer des troubles et Madrid a dépêché dans la région 10.000 policiers et gardes civils.

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