Les sénateurs recommencent l'examen du texte présenté par le parti républicain pour remplacer la couverture santé universelle d'Obama.

Obamacare : manifestation en mars 2017 contre la réforme voulue par Trump
Obamacare : manifestation en mars 2017 contre la réforme voulue par Trump © AFP / MANDEL NGAN

Les sénateurs se réunissent de nouveau à Washington autour de la réforme d'Obamacare. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a l'intention de mettre aux voix, avant les vacances parlementaires qui débutent le 29 juillet, ce projet de loi qui a besoin du soutien d'au moins 50 des 52 élus républicains, sur un total de 100 sénateurs.

Mais même McConnell, qui pourtant porte le texte, a jeté un doute ces jours-ci sur la perspective d'une adoption de la loi.

De son coté, le sénateur républicain John McCain a estimé que le projet de loi des républicains visant à remplacer l'Obamacare par un nouveau système d'assurances maladie, était vraisemblablement "mort".

A mon avis, c'est vraisemblablement voué à l'échec

Au Sénat, ce texte de loi, qui fait face à un front uni des élus démocrates, a été mis à mal un peu plus durant cette semaine de pause parlementaire car plusieurs sénateurs

républicains ont dû regagner leurs Etats d'origine pour affronter des électeurs franchement hostiles au projet républicain.

Farouchement opposés à l'abrogation et au remplacement de la réforme emblématique de la présidence Obama, les 48 sénateurs démocrates n'ont besoin que de trois voix supplémentaires pour obtenir le rejet du texte présenté jeudi par la majorité républicaine.

Le sort de la nouvelle mouture du projet de réforme du système de santé présenté par le leader républicain au Sénat semble de plus en plus incertain.

Déjà il y a deux semaines, quatre membres du parti conservateur avaient dit ne pas pouvoir la voter en l'état, or les 48 sénateurs démocrates, farouchement opposés à l'abrogation même partielle de la mesure la plus emblématique de la présidence Obama, n'ont besoin que de trois voix supplémentaires pour obtenir son rejet.

Mitch McConnell, président du groupe républicain au Sénat, avait présenté une version déjà édulcorée du texte adopté de justesse par la Chambre des représentants le 4 mai pour abroger l'Affordable Care Act, plus connu sous le nom d'Obamacare. Le sénat avait déjà reporté l'examen du texte faute de consensus coté républicain.

Un Obamacare 'light"

Aux Etats-Unis, les plus de 65 ans sont couverts par une assurance publique (Medicare), et la moitié des Américains le sont par leur employeur. Les plus pauvres ont Medicaid, et le reste, entrepreneurs, salariés de petites entreprises ou encore clandestins, doivent s'assurer seuls. C'est là qu'Obamacare intervenait en les aidant à s'assurer.

Quatre sénateurs conservateurs, dont Ted Cruz et Rand Paul, ont fait savoir que cette nouvelle mouture n'était guère qu'un "Obamacare light", puisque certains pans de la loi de 2010 survivraient, notamment des subventions. Ils se sont toutefois dits prêts à négocier. Des concessions ont été introduites pour décrocher le soutien des républicains modérés.

Il n'est plus question de permettre aux assureurs de faire payer plus aux personnes ayant des antécédents médicaux. Et les aides individuelles, bien que fortement réduites par rapport à Obamacare, le sont moins que ce que les républicains envisageaient au départ.

En revanche, l'obligation absolue et nationale de couvrir dix catégories de soins, dont la maternité ou l'hospitalisation disparaitraient si le texte était voté.

Le projet veut supprimer l'obligation de s'assurer, au nom de la liberté individuelle. Des impôts et taxes créés pour financer la loi de 2010 seraient abrogés. Et les aides fédérales au système de santé seraient progressivement réduites, notamment à partir de 2021 pour l'assurance publique destinée aux plus pauvres, Medicaid, qui assure un Américain sur cinq.

Traduction : avec nos solutions, nous stabiliserons les marchés de l'assurance qui sont en train de s'effondrer à cause d'Obamacare.

Les démocrates dénoncent une réforme profitant aux plus fortunés, tandis que des millions de pauvres seraient boutés hors du gigantesque programme Medicaid, pilier de la protection sociale américaine dans le viseur de s républicains , surtout les plus conservateurs.

Intervention de Barack Obama

L'ancien président s'est invité dans le débat en publiant une longue lettre sur son compte Facebook où l'on peut lire notamment :

Nous ne nous sommes pas battus pendant plus d'un an pour une quelconque ambition personnelle, nous nous sommes battus parce que nous savions que ça sauverait des vies

Je soutiens le texte du Sénat. J'ai hâte de le rendre vraiment spécial ! N'oubliez pas, Obamacare est mort.

"Obamacare est un désastre", a répété Donald Trump, en admettant qu'un peu de "négociations" était encore nécessaire.

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