Le camp de réfugiés d'Idomeni à la frontière gréco-macédonienne
Le camp de réfugiés d'Idomeni à la frontière gréco-macédonienne © Reuters / Alexandros Avramidis

Une réunion extraordinaire se tient ce lundi à Bruxelles pour tenter de trouver une réponse à la crise des réfugiés. Face à des Européens divisés, la Turquie fait monter les enchères en réclamant trois milliards d'euros de plus pour s'engager à endiguer l'afflux de migrants vers l'Union européenne.

La Turquie est décidée à faire valoir ses intérêts. "Il y a une nouvelle proposition" sur la table, a annoncé un porte-parole turc, en marge d'un déjeuner de travail des 28 avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.

Un mécanisme d'échange de réfugiés

Ankara serait prêt à accélérer la mise en œuvre d’un accord de réadmission. il prévoit que le pays reprenne à partir du 1er juin les migrants "économiques" depuis l'Europe pour les expulser à son tour vers leurs pays d'origine.

Pour chaque Syrien réadmis en Turquie, l'UE prendrait en charge un réfugié syrien sur le territoire turc, instituant un canal d'admission contournant les passeurs.

En échange, la Turquie réclame une enveloppe supplémentaire de trois milliards d'euros d'ici 2018, en plus des trois milliards déjà promis par Bruxelles pour favoriser l'accueil et l'intégration des 2,7 millions de réfugiés syriens sur son sol. La Turquie espère également obtenir, dès juin, un régime sans visas pour ses ressortissants afin d'entrer et de circuler dans les pays membres de l'espace Schengen.

Fermer la route des Balkans ?

La déclaration finale du sommet devait mentionner que "cette route est désormais fermée", mais l'Allemagne a fait part de ses fortes réserves. Une reformulation de la déclaration est en cours.

Il ne peut s'agir de fermer quoi que ce soit

a lancé la chancelière allemande Angela Merkel, "ce qui importe, c'est que l'on trouve une solution durable avec la Turquie". Certains pays d'Europe centrale et de l'Est ont décidé de bloquer leurs frontières pour stopper les arrivées.

Solidarité avec Athènes

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a qualifié dimanche d'"urgence absolue" le transfert de milliers de migrants vers d'autres pays de l'UE. 15.000 à 20.000 migrants continuent d'arriver chaque semaine de Turquie sur les côtes grecques. L'Union européenne doit rapidement débloquer une enveloppe inédite (700 millions d'euros sur trois ans) pour aider la Grèce, plongée dans une crise économique, et lui fournir les moyens de mieux contrôler sa frontière extérieure.

Pour Jean-Marc Ayrault, La France doit "monter en puissance"

Invité de France Inter ce lundi, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a estimé que la France doit "monter en puissance" pour l'accueil des réfugiés demandeurs d'asile qu'elle s'est engagée à prendre en charge.

On avait prévu 30.000 sur deux ans, et on est à peine à 1.000 aujourd'hui. Il faut monter en puissance de façon extrêmement volontariste [...] parce que les moyens pour accueillir les personnes demandeurs d'asile en France existent

Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, annonce qu'environ 150 réfugiés ayant transité par des centres d'enregistrement en Grèce arrivent ce lundi en France, dans le cadre du programme européen de répartition des demandeurs d'asile.

La crise des réfugiés dans l'Union européenne
La crise des réfugiés dans l'Union européenne © IDE /