La fermeture de la route des Balkans et l'accord conclu entre l'Union Européenne et la Turquie ont fait resurgir d'autres routes de passage

Il y a un an, sur les routes d'Europe Centrale, des files de réfugiés à pied, dans les trains, les bus
Il y a un an, sur les routes d'Europe Centrale, des files de réfugiés à pied, dans les trains, les bus © Reuters / Antonio Bronic

Difficile d'oublier ces images, qui ouvraient chaque journal télévisé, il y a un an : sur les routes d'Europe Centrale, des files de réfugiés à pied, dans les trains, les bus. Des images au quotidien qui semblent avoir disparu de nos écrans. Une absence qui masque pourtant la réalité, de plus en plus virulente, de la crise migratoire.

Le problème n'a pas été réglé, il a été déplacé. La fermeture de la route des Balkans et l'accord conclu entre l'Union Européenne et la Turquie ont fait resurgir d'autres routes de passage. Les pistes de contrebande du désert égyptien sont devenues des corridors pour les migrants de l’Afrique de l'est, Soudanais, Érythréens qui gagnent ainsi le nord de l'Egypte ou la Libye.

La Libye, une plaque tournante des routes migratoires

L'instabilité politique et le chaos qui l'accompagne en Libye, sont une aubaine pour les mafias locales pour qui les réfugiés sont une source de revenus colossale. Et c'est précisément cette manne financière constituée par les réfugiés qui permet de comprendre pourquoi certains en Libye ont intérêt à ce que la situation perdure.

Pendant ce temps, les naufrages se multiplient : 2 700 personnes sont mortes depuis le début de l'année en traversant des cotes libyennes vers l’Italie. Plus de 1 000 de plus que l'an dernier. La crise s'est ainsi déplacée là, en Italie, ou en Grèce où depuis le coup d'état en Turquie les arrivées de migrants ont augmenté. Des migrants qui caressent l'espoir de voir capoter l'accord conclu avec les pays européens, au terme duquel ils sont censé être automatiquement renvoyés en Turquie.

Un camp à ciel ouvert à Rome

En Italie justement, où au mois de juillet, les réfugiés étaient 25.000 à arriver sur la péninsule, selon Frontex, l'agence de coopération aux frontières extérieures de l'Union européenne. 25.000, soit 12% de plus que sur le même mois de 2015.

Sur la route vers le nord de l’Europe, ils trouvent les frontières française et suisse fermées, à Vintimille et à Côme. Vintimille, est un point de friction récurrent depuis l'année dernière. La situation est en revanche plus nouvelle à Côme, où plus de 450 migrants pour la plupart Éthiopiens et Érythréens, dont des familles avec enfants, campent sur la pelouse d'un parc proche de la gare et chaque jour une cinquantaine de personnes arrive en plus.

En revanche, la situation semble calme au col du Brenner, à la frontière avec l'Autriche, qui avait menacé d'ériger un mur pour bloquer les flux enregistrés l'an dernier.

Parmi les villes de transit, Rome. Ceux qui ne se trouvent pas dans les centres d’accueil dorment Via Cupa, le seul camp à ciel ouvert de la capitale italienne, où 300 personnes par jour, au plus, tirent des matelas à même le sol pour passer la nuit.