Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, en visite à Ankara, doit rencontrer le président turc qui ne se prive pas de déclaration virulentes à l'encontre les européens

Recep Tayyip Erdogan ne se privepas de déclarations virulentes à l'encontre des Européens
Recep Tayyip Erdogan ne se privepas de déclarations virulentes à l'encontre des Européens © Reuters / Umit Bektas

Thorbjorn Jagland a rencontré à Ankara Recep Tayyip Erdogan à 11H00. Il doit également rencontrer les chefs de l'opposition. Cette visite intervient deux semaines et demi après le coup d'Etat manqué qui a entraîné des purges critiquées par les Occidentaux et qui se poursuivent inexorablement. Mardi c’était au tout du foot et de la santé. Des mandats d’arrêts ont été lancés contre près de cent membres du personnel du principal hôpital militaire d'Ankara, et 94 membres de la Fédération turque de football, donc des arbitres, ont été licenciés.

Juste avant cette visite, Recep Tayyip Erdogan, ne s’est pas privé de déclarations virulentes à l'encontre des Européens

Il a accusé les pays occidentaux de “soutenir le terrorisme et les putschistes”. Il répondait aux critiques des Européens sur l'ampleur des arrestations après la tentative de coup d'Etat. Dans son discours, le président turc s'en est pris à l'Union européenne qui n'a pas, je cite “ rempli ses promesses en ce qui concerne le versement de trois milliards d'euros dans le cadre de l'accord sur les migrants.” "Rien ne se passe sur le Front des visas", a-t-il aussi affirmé. Le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, a déclaré le week-end dernier qu'Ankara ne se sentirait plus engagée par l'accord si l'Union européenne n'accepte pas d'exempter les Turcs de visa.

Des passes d'armes ont également eu lieu avec l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche. Recep Tayyip Erdogan a sommé les juges italiens de "s'occuper de la mafia" plutôt que de son fils aîné, visé par une enquête pour blanchiment d'argent à Bologne. "Dans ce pays, les juges suivent la loi et la Constitution italienne, pas le président turc", a répliqué le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, sur Twitter. .

La Turquie "a encore du travail" pour obtenir de l'UE une exemption de visas, estime pour sa part le chef de la diplomatie allemande. Réaction du chancelier autrichien également : "Nous ne nous laisserons en aucun cas intimider". 

La Grèce réclame à l'UE un “plan B” en cas de revirement turc concernant l'accord sur les migrants

Le ministre grec de l'immigration s'est dit “très inquiet” alors que la Turquie a à nouveau brandi la menace de mettre fin à l'accord conclu sur les migrants. L'Union européenne “doit préparer un plan alternatif pour contrôler les flux migratoires”, demande-t-il. Athènes craint qu'un échec de l'accord conclu le 18 mars entre les Européens et les Turcs n'entraîne la reprise des arrivées massives de réfugiés, notamment sur les îles proches des côtes turques.

Pas de “plan B !”, a pourtant déjà prévenu le chef de la diplomatie allemande : “Il est dans l'intérêt conjoint de l'UE et de la Turquie de parvenir à une solution", estime-t-il. "Cela n'apporte rien de se lancer mutuellement des ultimatums ou de se menacer" a-t-il ajoute.

L'Union européenne avait trouvé une entente prévoyant notamment le renvoi des Syriens vers la Turquie. Cet accord, mise en place le 20 mars, a eu un effet dissuasif et a fait baisser le nombre d'arrivées de migrants.

C'est dans cette ambiance que des parlementaires turcs de la majorité et de l'opposition sont actuellement en visite à Bruxelles. Ils doivent s'exprimer ce mercredi après-midi.

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