[scald=27101:sdl_editor_representation]par Fatos Bytyci et Aleksandar Vasovic

MITROVICA/BELGRADE (Reuters) - La Serbie déploie des unités et renforce ses postes de contrôle à la frontière avec le Kosovo pour tenter d'éviter de nouvelles violences après l'incendie d'un poste frontière et la mort d'un policier.

"Nous allons empêcher les extrémistes de Serbie de venir au Kosovo, nous allons aider les forces internationales de maintien de la paix autant que nous le pourrons", a déclaré le responsable de la police serbe Milorad Veljovic à Reuters.

Le calme est revenu jeudi sur la frontière serbo-kosovare après deux jours de violence dans le nord du Kosovo, à majorité serbe, au cours desquels un policier kosovar albanophone est mort et un poste frontière a été incendié par des nationalistes serbes.

Les troubles au Kosovo, dont la population est à 90% de souche albanaise, ont été déclenchés par la décision de Pristina d'envoyer lundi des unités spéciales des forces de police pour prendre le contrôle des postes frontières dans le nord, afin de faire appliquer un boycott des importations serbes en représailles au blocus des exportations kosovares.

La proclamation de son indépendance par le Kosovo en 2008 n'a jamais été acceptée par Belgrade et les 60.000 Serbes du Kosovo continuent de considérer qu'ils relèvent des autorités serbes.

La situation au poste-frontière de Jarinje était calme jeudi, des soldats américains de l'Otan le contrôlant, selon un journaliste de Reuters.

Les soldats de la KFOR, qui continue d'assurer le maintien de la paix au Kosovo plus de dix ans après le conflit interethnique de 1998-1999, ont aussi pris le contrôle d'un autre poste-frontière, a déclaré un porte-parole de l'Otan.

"LA SITUATION N'EST PAS BONNE"

L'ambassadeur de France à Pristina a estimé que "d'un point de vue sécuritaire, la situation n'est pas hors de contrôle mais n'est pas bonne".

"D'un point de vue diplomatique, le plus important dans les jours à venir est d'appeler au calme et à la retenue et une fois cela obtenu, le temps sera venu d'un dialogue pacifique entre la Serbie et le Kosovo", a déclaré Jean-François Fitou à Reuters.

Un officier de police kosovar a été blessé mortellement d'une balle dans la tête mardi après un affrontement avec des habitants serbes.

Au cours de l'attaque de mercredi contre le poste-frontière de Jarinje, des Serbes ont lancé des bombes incendiaires et tiré sur des membres de la KFOR.

Le Premier ministre kosovar Hacim Thaci a accusé Belgrade d'avoir commandité les violences, le président serbe Boris Tadic les attribuant à des nationalistes serbes extrémistes opposés aux efforts de Belgrade pour renforcer les liens avec le Kosovo.

"La violence , de quelque côté qu'elle vienne, n'est pas le moyen de résoudre les problèmes", a déclaré le porte-parole du gouvernement serbe, Milivoje Mihajlovic, à Reuters.

"Pour nous, le dialogue est la seule manière de résoudre les problèmes au Kosovo... et de parvenir à une réconciliation historique entre Serbes et Albanais."

La porte-parole de la diplomatie européenne Catherine Ashton a téléphoné à Thaci et à Tadic pour les exhorter à rétablir le calme immédiatement dans le nord du Kosovo.

Belgrade souhaite intégrer l'Union européenne et son adhésion passe par un renforcement des liens avec le Kosovo. Pristina et Belgrade ont engagé des négociations sous l'égide de l'UE mais elles progressent lentement et les tensions restent vives à la frontière.

Le Conseil de sécurité de l'Onu doit se réunir ce jeudi à huis clos pour examiner la situation.

Marc Joanny pour la version française, édité par Eric Faye

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