Le 18 mars 2015, deux terroristes attaquent le musée national du Bardo en plein cœur de Tunis. L'attaque signée Etat islamique fait 22 morts. Pour la première fois, les victimes et leurs proches ont pu assister au procès via une vidéo retransmission, à Paris, uniquement. Ce dispositif qui en mécontente plus d'un.

Réouverture du procès de l'attentat du Bardo à Tunis
Réouverture du procès de l'attentat du Bardo à Tunis © Radio France / Maurine Mercier

Une audience surréaliste

Contrairement à ce que les avocats français, qui ont fait le déplacement, ont cru comprendre : non, le procès ne s’est pas ouvert ce mardi. Pour la justice tunisienne, il l’est depuis un an et demi. Mais oui : le dossier piétine. Après la cinquième audience mardi, toujours pas d’examen sur le fond.

Un avocat tunisien de la défense hurle au micro. Il accuse Nicolas Sarkozy de criminel. "Il a détruit la Libye. Voilà pourquoi la Tunisie est victime de terrorisme". Le président tente de le recadrer.

Puis c’est la vidéo retransmission qui dérange. Pour la première fois, l’audience peut être suivie depuis la France. Les avocats des prévenus craignent pour la protection de leurs clients. Sur les vingt-deux prévenus déplacés de la prison au tribunal, vingt refusent de pénétrer dans la salle d’audience, précisément à cause de la retransmission vidéo.

Après deux heures trente, l’audience est reportée une fois encore.

Les avocats français irrités

L'avocat français Gérard Chemla représente 22 victimes, des proches des personnes décédés au Bardo et des rescapés.
L'avocat français Gérard Chemla représente 22 victimes, des proches des personnes décédés au Bardo et des rescapés. © Radio France / Maurine Mercier

L’avocat français Gérard Chemla représente 22 victimes, des proches des personnes décédées au Bardo et des rescapés. Il est irrité.

On gâche une énergie invraisemblable… pour rien. Il semblerait que nos confrères tunisiens se soient emparés du fait que l’affaire est retransmise en France pour considérer que c’était une mainmise anormale du gouvernement français. Ce qui est totalement aberrant ! C’est une retransmission en direct, par derrière, ce qui fait qu’on ne voit pas le visage des accusés. Clairement, on est dans quelque chose qui est fantasmatique. Je suis très amer.

Si la plupart des familles de victimes et des victimes n’ont pas fait le déplacement, c’est parce qu’elles estiment que leur sécurité n’est pas assurée. L’attentat d’une jeune femme kamikaze il y a une semaine sur l’avenue Bourguiba a fini de les décourager. Selon le Président du tribunal, l’audience devrait reprendre mardi prochain. Sur le fond, enfin ? Là encore, impossible de le garantir.

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