Mardi, Donald Trump a annoncé le gel des cartes vertes et de certains visas de travail. En réaction, les grands noms de l'industrie américaine des nouvelles technologies se sont exprimés pour condamner cette décision.

Donald Trump a annoncé lundi de nouvelles mesures pour restreindre l'immigration légale aux États-Unis
Donald Trump a annoncé lundi de nouvelles mesures pour restreindre l'immigration légale aux États-Unis © AFP / Brendan SMIALOWSKI

Dans la Silicon Valley et plus globalement dans le monde américain des nouvelles technologies, la décision semble faire l'unanimité contre elle : Donald Trump, en pleine campagne présidentielle mais qui doit affronter en ce moment une crise sanitaire doublée d'une crise sociale, a décidé lundi de geler la délivrance de cartes vertes et de certains visas de travail. Ce durcissement de la politique migratoire de Donald Trump concerne notamment les visas H-1B, très utilisés dans le secteur des nouvelles technologies – c'est celui qui permet aux "travailleurs qualifiés ou spécialisés" de venir aux États-Unis, initialement pour une durée de trois ans. 

"Je suis totalement en désaccord avec cette décision", a déclaré le patron de Tesla et Space X, Elon Musk, sur Twitter : "D'expérience, ces compétences permettent de créer des emplois. Réformer les visas a du sens, mais cela va trop loin."

Comme Elon Musk qui est né en Afrique du Sud, le PDG de Google, Sundar Pichai est né à l'étranger. Lui aussi s'est exprimé contre cette nouvelle politique : "L'immigration a immensément contribué au succès économique des États-Unis", a-t-il quant à lui déclaré sur Twitter. "Très déçu par les annonces d'aujourd'hui : nous allons continuer de nous battre aux côtés des immigrants et travailler pour étendre à tous les opportunités", ajoute-t-il. 

"Sundar Pichai a raison", a appuyé la patronne de YouTube (une filiale de Google), Susan Wojcicki, qui a évoqué son histoire personnelle : "Ma famille a fui le danger et trouvé une nouvelle maison en Amérique", dit-elle, racontant que "l'immigration est centrale dans l'histoire des États-Unis". Même son de cloche pour le patron de Microsoft, Brad Smith, qui a averti qu'il n'était "pas le moment de couper notre nation des talents internationaux ou de créer de l'incertitude". 

Le PDG d'Apple, Tim Cook, qui avait pris la parole lundi pendant sa "Keynote" sur la question du racisme aux États-Unis, a lui aussi tweeté sur l'annonce de Donald Trump : "Comme Apple, cette nation d'immigrants a toujours trouvé sa force dans notre diversité, et de l'espoir dans la promesse du Rêve américain", déclare-t-il, se disant lui aussi "profondément déçu" par les annonces de Donald Trump. 

Le patron de Twitter, Jack Dorsey, s'est contenté de retweeter un tweet du compte "Twitter Public Policy" avec une prise de parole officielle : "Cette annonce sape l'un des plus grands atouts économiques des États-Unis : sa diversité". Une déclaration complétée par le partage d'une chanson de Beyoncé, nommée "Black Parade". 

Pour l'heure, ni Mark Zuckerberg, patron de Facebook, ni Jeff Bezos, chez Amazon, n'ont réagi à cette décision. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.