Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye dévoile jeudi 18 juillet ses préconisations pour le futur "système universel" promis par Emmanuel Macron. Lors de sa campagne, candidat Macron avait fait la promotion du modèle suédois. Un système plus simple, mais pas nécessairement plus juste.

Que vaut le système de retraite adopté par les Suédois ?
Que vaut le système de retraite adopté par les Suédois ? © AFP / Joël Saget

Quarante-deux régimes de retraites différents en France contre... un seul en Suède. Il y a 20 ans, confronté au vieillissement de sa population et à un financement devenu intenable, le pays scandinave a profondément modifié son système de retraite, en optant pour un système à points, obligatoire, universel, et qui compte trois étages.

  • D’abord, la pension publique, perçue par tous les assurés. Chacun dispose d’un compte individuel où il accumule des droits en cotisant. Le montant touché au moment de la retraite dépendra des points accumulés, mais aussi de l'âge de départ, de l’espérance de vie moyenne et de la conjoncture économique.
  • Une retraite supplémentaire d’entreprise : dans la pratique elle est quasi-systématique. 90% des salariés suédois sont couverts. 
  • Une retraite par capitalisation, via l'abondement d'un des 800 fonds de pension homologués par l’État. 

Chacun peut, en temps réel, consulter sur son ordinateur le nombre de points dont il dispose et le montant correspondant.

Les carrières morcelées pénalisées

Un système idéal ? Pas vraiment. D'abord, il est de nouveau au bord du déficit, d'où une seconde réforme, adoptée en 2017, qui a reculé l'âge légal de départ en retraite, de 61 à 64 ans d’ici 2026. Surtout, le montant des pensions a globalement baissé : 53% du salaire de fin de carrière aujourd'hui, contre 60% en 2000.

Enfin ce système a, lui, aussi, sa part d'injustice : l'espérance de vie – qui détermine en partie le montant des pensions - n'augmente pas pour tout le monde. Les "cols blancs" sont donc favorisés. Par ailleurs, toute la carrière compte désormais dans le calcul des retraites, et non plus seulement les quinze dernières années d'activité, ce qui pénalise les carrières morcelées, et notamment celle des femmes. 

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