La partie Nord du pays est occupée illégalement par la Turquie depuis 43 ans, jour pour jour. C'est l'une des plus anciennes missions de maintien de la paix de l'ONU.

L'île est divisée en deux : la partie turque en Nord, la partie grecque au Sud.
L'île est divisée en deux : la partie turque en Nord, la partie grecque au Sud. © Maxppp / LAFORGE ERIC

Quand vous dites "je pars en vacances à Chypre", vous devriez en réalité être plus précis. Le pays est divisé en deux depuis 43 ans. Le 7 juillet dernier, de nouvelles négociations sur la réunification ont eu lieu à Genève en Suisse, sous l'égide de l'ONU. Mais comme en janvier dernier, ces négociations inter-chypriotes se sont terminées ce vendredi matin, sans parvenir à un accord.

Les chypriotes turcs au Nord, les chypriotes grecs au Sud

Chypre, qui compte un million d'habitants, est divisée en deux depuis l’intervention militaire de la Turquie en 1974 dans la partie Nord de l'île. Seule la partie Sud, la République de Chypre où vivent les Chypriotes grecs, est reconnue par la communauté internationale. Elle fait partie de l'Union européenne depuis 2004.

Depuis 1974, l'île méditerranéenne est divisée en deux : la partie turque au nord, la partie grecque au sud.
Depuis 1974, l'île méditerranéenne est divisée en deux : la partie turque au nord, la partie grecque au sud. © AFP / Vincent LEFAI, Jonathan JACOBSEN, Paz PIZARRO, Aude GENET / AFP

La partie Nord, où vivent les Chypriotes turcs, est donc contrôlée illégalement par la Turquie. Le pays est intervenu militairement sur l'île en réaction à un coup d’État qui visait à rattacher le pays à la Grèce et qui avait suscité une vive inquiétude dans la minorité chypriote turque. Des nationalistes chypriotes grecs, soutenus par les colonels Grecs, avaient renversé le président de la République Makarios III.

La division de l’île est entérinée en 1983 avec la proclamation de la "République turque de Chypre du Nord", qui représente plus d’un tiers de l’île. Elle est reconnue uniquement par Ankara. Près de 35.000 soldats turcs sont déployés sur place. C'est cette présence militaire qui pose problème dans les négociations. Nicosie, soutenue par Athènes, réclame un calendrier clair pour le retrait progressif des troupes turques.

Et au milieu, les casques bleus

Les casques bleus de l'ONU sont présents à Chypre, dans une "zone-tampon" entre les deux parties. Ils contrôlent les points de passage autorisés, et des sentinelles armées surveillent les zones de chaque côté.

En 2004, l'ONU avait proposé un plan de réunification, avec un vote par référendum. Il avait été largement approuvé par les Chypriotes turcs (près de 65 %), mais fermement rejeté par les Chypriotes grecs à plus de 75 %. Depuis, les négociations se succèdent, à chaque fois sans succès.

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