Avec ses 40 millions de télespectateurs, Al-Jazira fait des envieux... Plusieurs assauts ont été lancés ces dernières années pour concurrencer la chaîne qatarie. L'échec a été cuisant pour Al-Hora. Conçue et financée par les Etats-Unis, la chaîne n'a jamais décollé et reste suspecte aux yeux de l'opinion publique arabe. Avec Al-Arabiya, la concurrence est réelle, mais cette télévision basée à Dubai, est une création de l'Arabie saoudite, donc marquée politiquement.

En 2012, trois nouveaux compétiteurs arrivent sur le marché. Le 6 mai prochain, Sky News Arabia va émettre à partir d'Abou Dhabi dans les Emirats arabes unis. La chaîne est une co-entreprise entre BSkyB basée à Londres et la compagnie Abou Dhabi Media Investment Corporation, appartenant à cheikh Mansour ben Zayed Al-Nahyane, frère du président des EAU. Selon la direction de Sky News Arabia, ce nouveau média veut offrir "une approche nouvelle" pour les télespectateurs du monde arabe.

Autre lancement programmé : celui d'Al-Mayadeen ("les places", "le terrain") prévu fin mai. Mais cette fois, depuis Beyrouth. Le projet est piloté par Ghassan Ben Jeddo, une ex-star d'Al-Jazira. Le slogan d'Al-Mayadeen, c'est "la réalité telle qu'elle est!" L'idée de son promoteur est de revenir à une information moins spectaculaire et moins partisane que celle proposée par Al-Jazira. Depuis les révolutions arabes, la chaîne de Doha est perçue comme un instrument médiatique au service de la diplomatie qatarie. La crédibilité d'Al-Jazira en a pris un coup ces derniers mois, même si elle reste une référence. Al-Mayadeen est financée par des investisseurs du Golfe et du Levant.

Dernier projet : Al-Arab. C'est le "bébé" du prince libano-saoudien Walid BenTalal. La chaîne doit commencer à émettre à la fin de l'année. Bref, avec la naissance de tous ces projets de télévisions satellitaires, c'est une petite révolution médiatique qui est en marche dans le monde arabe. Avec un gagnant : le choix des télespectateurs.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.