sécurisation accrue à kidal après la mort de journalistes au mali
sécurisation accrue à kidal après la mort de journalistes au mali © reuters

Deux jours après la mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les circonstances de l'assassinat des deux journalistes de RFI restent floues. La présence de l'armée française va être accrue dans le nord du Mali alors que l'explosion d'une mine a fait quatre morts aujourd'hui.

On ne connait pas encore les circonstances exactes de la mort des deux journalistes de RFI il y a deux jours à Kidal. Les conséquences, elles, sont plus claires. Hier, Laurent Fabius a annoncé un renforcement de ses effectifs militaires au Mali. Le ministre des Affaires étrangères assure que "des instructions ont été données pour que tout soit mis en oeuvre afin de retrouver les assassins. La sécurisation de l'ensemble de la zone et des zones voisines, s'agissant en particulier des ressortissants français, va bien sûr être accrue. "

Les assassins ce sont ceux que nous combattons, c'est-à-dire les groupes terroristes qui refusent la démocratie et qui refusent les élections.

Selon notre correspondant sur place, cinq à six suspects auraient été arrété hier soir en brousse non loin de Kidal . Ils auraient été pistés grace à des indices laissé derrière eux.

Le président malien s'engage à tout faire pour retrouver les assassins

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta a pris aujourd'hui l'engagement de "tout faire " pour retrouver les assassins de deux journalistes français.

Il s'est rendu aujourd'hui dans les locaux de RFI au Mali pour rencontrer les salariés de la radio en deuil.Il a également rencontré la président de France Média Monde qui comprend RFI, Marie-Christine Saragosse. Elle était dans le pays pour récupérer les corps des deux journalistes.

"Ce crime ne restera pas impuni", nous a dit le président malien. (Marie-Christine Saragosse)

A ECOUTER : > Les précisions de David Baché, qui a assisté à la visite d'Ibrahim Boubacar Keïta à RFI

"Toute la vérité sera faite " sur ce double assassinat

La ministre chargée des Français de l'étranger, Hélène Conway-Mouret, était l'invitée du journal de 13 h de Claire Servajean . Elle l'assure que "toute la vérité sera faite ". Mais pour elle, le moment est encore au "recueillement". "Il ne faut pas spéculer sur ceux qui pourraient être coupable, il faut faire très attention " et laisser l'enquête avancer, explique-t-elle.

La rébellion touareg se dit "impuissante "

"Humiliée mais impuissante ". La rebellion touareg dit ne plus contrôler la zone de Kidal, au nord du Mali, où a eu lieu le double meurtre. Malgré cela, les autorités touaregs assurent mener ses propres investigations.

Nous menons nos investigations. Nous faisons nos propres enquêtes et nous partagerons nos résultats avec ceux qui sont chargés du dossier. Nous ne pouvons rester ainsi les bras croisés. (Mahamadou Djéri Maïga, vice-président du MNLA, le principal mouvement rebelle touareg)

Mahamadou Djéri Maïga ajoute : "On ne peut pas nous humilier de la sorte, car les journalistes ont été enlevés devant un responsable civil du MNLA. Ce n'est pas possible. "

Quatre morts après l'explosion d'une mine

Deux jours après ce double meurtre, la situation dans la région est instable. Aujourd'hui, quatre personnes ont été tuées. Elles étaient à bord d'un véhicule qui a sauté sur une mine dans le nord-est du pays. On compte également huit blessés. Le pick-up transportait 38 passagers entre Ansongo et Ménaka, au sud de Gao.

C'est de la région de Ménaka qu'était partie en janvier 2012 une nouvelle rébellion touareg qui avait précipité le Mali dans le chaos. Des combats y ont opposé l'armée malienne aux rebelles, puis les rebelles touareg aux islamistes armés qui ont pris le contrôle du nord du Mali en 2012, avant d'en être chassés par une intervention armée internationale initiée par la France en janvier 2012.

"Être journaliste, c'est être une cible"

Le ministre malien de la Défense, Soumeilou Boubeye Maiga, explique de son côté sur France 24 que "Kidal est la seule région pour le moment où la souveraineté de l'Etat n'est pas effective. La situation est telle que toutes les infiltrations sont possibles".

Parmi les théories, celle d'une vengeance après la libération de quatre otages la semaine dernière. Et si les terroristes avaient voulu blesser directement la France, à l'origine de cette libération ?

Arnaud Danjean est président de la sous-commission Sécurité et défense du parlement européen, il répond à Cédric Lang-Roth.

Ghislaine Dupont, 51 ans, et Claude Verlon, 58 ans, enlevés samedi au cours d'un reportage, s'étaient rendus à de nombreuses reprises en Afrique. Ils étaient notamment allés à Kidal lors de l'élection présidentielle, en juillet.

"Aujourd'hui, être journaliste, c'est être une cible", a déclaré Laurent Fabius lors d'une visite ai siège de RFI. "Mais la liberté d'informer, le droit d'être informé sont des choses intangibles."

RFI a diffusé de la musique classique à la place de ses programmes, barré son logo d'une bande noire, et affiché les portraits des journalistes décédés.

"La presse entière est affectée par ce drame dans l'exercice de nos métiers. Un métier à risque mais un métier qui ne vaut pas d'y laisser la vie", a déclaré la directrice de RFI, Cécile Mégie, à des journalistes. "Nous voulons que toute la lumière soit faite sur ce qui s'est passé hier."

Pour le général Vincent Desportes, ancien directeur de l'Ecole de guerre, ce drame doit rappeler toute la difficulté de la situation militaire au Mali. Il était l'invité de Clara Dupont-Monod.

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