L'organisation Amnesty international publie un rapport d'une centaine de pages ce mardi. Cette d’enquête menée entre la Birmanie et le Bangladesh a nécessité deux ans de travail.

Plus de 600.000 hommes, femmes et enfants ont fui au Bangladesh où ils ont pu témoigner de tortures, de viols et d'incendies de villages entiers.
Plus de 600.000 hommes, femmes et enfants ont fui au Bangladesh où ils ont pu témoigner de tortures, de viols et d'incendies de villages entiers. © Radio France / Julie Pietri

Les Rohingyas, une minorité musulmane qui vit en Birmanie, subit depuis des dizaines d'années des discriminations et des violences devenues légales. Rarement leur vie sur place, en Birmanie, n'avait été aussi documentée, au-delà de l'exode de ces trois derniers mois.

LIRE | Le rapport d'Amnesty International sur le drame des Rohingyas

L’État d'Arakan est une scène de crime

Pour Amnesty International, qui publie ce rapport "Caged with a roof" ('Enfermés avec un toit'), c'est dans l’État d'Arakan, cette zone, à l'ouest de la Birmanie où vivent la majorité des Rohingyas que l’État Birman a mis en place une politique d'exclusion, de discrimination et de violences organisées. 

Avec une aggravation depuis 2012 : les Rohingyas n'ont pas le droit de circuler librement, "même pour travailler, aller à l'école, ou se soigner", comme l'explique Nina Walch, spécialiste des conflits armés à Amnesty France. 

Amnesty a recueilli plusieurs témoignages de femmes qui préfèrent, par exemple, accoucher chez elles dans des conditions pénibles plutôt que de prendre le risque d'aller dans un centre de soin. 

Chaque fois qu'un Rohingya sort de son village, il risque le racket et les violences. Sur leurs terres, ils sont la cible de pillages et de massacres. Leurs mosquées sont peu à peu brûlées, fermées ou détruites avec interdiction de reconstruire. Prier ensemble est impossible puisque les rassemblements de plus de 4 personnes ne sont pas autorisés.

Un mal organisé par les autorités birmanes depuis des années

Comment imaginer un retour des exilés, dans ces conditions, sans s'attaquer aux racines d'un mal organisé par les autorités birmanes depuis des années ?
C'est la question que pose Amnesty.

Le reportage de Julie Pietri :

Officiellement, plus de 600.000 personnes ont fui le pays pour trouver refuge au Bangladesh depuis la fin août.

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