L'ancien juge ultra-conservateur, soutenu par Donald Trump, est le candidat du parti républicain pour l'élection sénatoriale partielle de ce mardi en Alabama (États-Unis). Accusé d’agressions sexuelles sur mineures, Roy Moore n'a jamais voulu retirer sa candidature.

Le candidat républicain Roy Moore lors d'un meeting le 11 décembre, en Alabama.
Le candidat républicain Roy Moore lors d'un meeting le 11 décembre, en Alabama. © Maxppp / Cameron Carnes

Il aura tenu jusqu'au bout de la campagne, s'en remettant, comme le dit son frère, "à la volonté divine" pour le scrutin de ce mardi. Roy Moore, 70 ans, est un ancien juge ultra-conservateur, élu deux fois président de la Cour suprême d'Alabama. Dans cet état conservateur du sud des États-Unis, il assume ses convictions anti-immigration, anti-avortement et anti-homosexuels. Des positions qui lui ont permis de remporter la primaire de son camp. Mais ce qui pose problème au parti républicain, dont il est le candidat, c'est que le "juge" Moore est aussi accusé d'agressions sexuelles. 

Un mois après l'affaire Weinstein

C'est le Washington Post qui, le 9 novembre dernier, a relayé le premier le témoignage d'une femme accusant Roy Moore d'attouchements. C'était en 1979, elle avait 14 ans. Quelques jours après la publication de l'article, une autre femme accuse le candidat républicain d'agression sexuelle. Là aussi, les faits se seraient déroulés alors qu'elle était mineure, un soir de janvier 1978, alors que Roy Moore n'était encore que procureur adjoint. 

Ces accusations d'agressions sexuelles, un mois après le début de l'affaire Weinstein, ont polarisé l'attention des médias sur toutes les facettes du personnage. Il y a quatre jours, le LA Times a ainsi diffusé un extrait audio d'un meeting dans lequel Roy Moore, interrogé sur la "dernière fois que l'Amérique était grande", estime que "même si on avait l'esclavage (...) nos familles étaient fortes et notre pays avait une direction."

CNN rappelle que, dans une interview donnée en 2005, Roy Moore a déclaré : "L'homosexualité devrait être illégale." Chrétien ultra-conservateur, Moore a été déchu de son poste de président de la Cour suprême d'Alabama en 2003 pour avoir refusé de retirer du bâtiment une statue de deux tonnes en l'honneur des Dix Commandements. Accusé de racisme et d'intégrisme, la femme de Roy Moore a tenté de le défendre, ce mardi, lors d'un ultime meeting, en expliquant que l'un des avocats du couple "est un juif".

Pourquoi s'est-il maintenu ?

Après les accusations d'agressions sexuelles, plusieurs hauts représentants du parti républicain ont appelé Roy Moore à se retirer de la course au siège de sénateur de l'Alabama. La porte-parole de la Maison Blanche, le 11 novembre dernier, a même déclaré : "Le président pense que si ces accusations sont vraies, le juge Moore fera ce qu'il faut faire et se retirera." Mais finalement, Donald Trump a décidé de soutenir le mis en cause.

Dans ce tweet daté du 8 décembre, le président américain écrit : "La dernière chose que nous avons besoin, c'est un libéral-démocrate au Sénat (...) VOTEZ ROY MOORE !" Et pour cause, même accusé d'agressions sexuelles, Donald Trump a besoin d'un Roy Moore au Sénat : si le candidat perd, la majorité dans la chambre haute du Congrès passerait de 52 à 51 sièges sur 100. D'autant que l'Alabama est réputée imperdable pour les républicains : la dernière victoire d'un candidat démocrate remonte à 1992.

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